Yves Marchand & Romain Meffre 'Theaters'

Yves Marchand & Romain Meffre 'Theaters'

auditorium, westlake theater, los angeles, 2008 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Auditorium, Westlake Theater, Los Angeles, 2008

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paducah, ky, etats-unis, 2011 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Paducah, KY, Etats-Unis, 2011

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pop-corn, newark, nj, etats-unis, 2007 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Pop-Corn, Newark, NJ, Etats-Unis, 2007

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stucture cut, detroit, etats-unis, 2007 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Stucture Cut, Detroit, Etats-Unis, 2007

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long branch, nj, etats-unis, 2009 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Long Branch, NJ, Etats-Unis, 2009

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auditorium, steubenville, oh, 2011 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Auditorium, Steubenville, OH, 2011

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projection booth, inglewood, ca, etats-unis, 2008 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Projection booth, Inglewood, CA, Etats-Unis, 2008

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gotham theater, above and below, new york, ny, etats-unis, 2009 by yves marchand and romain meffre

Yves Marchand and Romain Meffre

Gotham Theater, above and below, New York, NY, Etats-Unis, 2009

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Saturday, May 26, 2012Saturday, August 4, 2012

Cour de Venise
Paris, France

Yves Marchand & Romain Meffre 'Theaters'
26 mai - 4 août 2012

«Theaters» est un vaste projet entrepris en 2006 par Yves Marchand & Romain Meffre, respectivement nés en France en 1981 et 1987. En 2005, ils découvraient pour la première fois une véritable salle de cinéma américaine, un «movie theater», alors qu’ils débutaient leur travail sur les ruines de Détroit.

Avec «Theaters», Yves Marchand & Romain Meffre établissent une typologie. Ils photographient d’abord les salles en ruine : certaines sont encore un peu éclairées et jouissent parfois d’ouvertures et de la lumière du jour, d’autres sont plongées dans l’obscurité. Puis ils explorent les espaces autour de la salle, et s’aventurent dans les parties interdites au public. Le travail documentaire d’Yves Marchand & Romain Meffre est achevé lorsqu’ils dénichent les salles transformées en lieux de stockage ou métamorphosées en commerces.

Pour saisir ces décors triomphants, mélange de salles à l’italienne, d’influences baroques et Art déco, Yves Marchand & Romain Meffre travaillent à la chambre photographique 4x5 pouces. Un travail précis et physique, à plus forte raison lorsque la ruine est plongée dans l’obscurité. Ils emploient alors un long temps d’exposition durant lequel ils balaient la salle et ses détails à l’aide de torches qu’ils tiennent à bout de bras. Une danse à bras-le-corps avec la lumière, qui évoque une technique similaire qu’employait dans l’entre-deux-guerres l’Allemand Karl Hugo Schmölz dans les salles obscures de la Ruhr.

Animés par une volonté tenace d’établir une étude exhaustive et systématique, encou- ragés par Robert Polidori, Yves Marchand & Romain Meffre réalisent avec «Theaters» la synthèse entre l’oeuvre documentaire de l’école de Düsseldorf et du couple Becher, l’ambition visuelle d’un Karl Hugo Schmölz, et la poésie romantique des ruines. (...)

Contexte historique :

Avant l’entrée en vigueur du «Sherman Antitrust Act» et la fin de l’oligopole production- distribution-exploitation, cinq «majors» se partageaient le territoire américain : la Paramount pour les Etats du Sud, la Nouvelle-Angleterre et le Midwest ; la Fox pour l’Ouest américain ; RKO et la Loew’s pour New York, le New Jersey et l’Ohio ; et la Warner pour la Pennsylvanie. Puis, au début des années 50, le baby-boom repousse les Américains vers la banlieue, et ces «theaters», édifiés au coeur des villes, se retrouvent abandonnés.

La splendeur architecturale de ces temples du cinéma doit beaucoup à Barney Balaban, pionnier de cette industrie et président de la Paramount durant trois décennies, qui a forgé «l’expérience cinématographique». Dans ces «theaters», le spectacle était total : le public s’y rendait pour les grands films, mais aussi pour les cartoons, les informations, les attractions, les loteries et le pop-corn bon marché. Les Américains n’allaient pas voir un film, ils allaient au cinéma.