YVES MARCHAND & ROMAIN MEFFRE: Gunkanjima

YVES MARCHAND & ROMAIN MEFFRE: Gunkanjima

Saturday, May 25, 2013Saturday, August 3, 2013


Paris, France

Gunkanjima, récit d’une île fantôme

GUNKANJIMA D’YVES MARCHAND ET ROMAIN MEFFRE
25 MAI – 3 AOÛT
GALERIE HALLE

La galerie Polka présente, du 25 mai au 3 août, « Gunkanjima », le nouveau travail du duo de photographes français Yves Marchand et Romain Meffre. Un projet réalisé en deux séjours en 2008 et 2012.

« En visitant des ruines, nous avons toujours essayé de nous focaliser sur des édifices remarquables dont l’architecture incarne la psychologie d’une époque, d’un système et d’en observer les métamorphoses », racontent Yves Marchand et Romain Meffre.

En marche pour être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Hashima, la mine de charbon japonaise exploitée par Mitsubishi jusqu’en 1974, est située sur un rocher au large de Nagasaki. Surnommé « Gunkanjima » (« vaisseau de guerre ») pour son allure de gros cuirassé – soixante et onze immeubles fantômes envahissent cet îlot de six hectares – l’île a connu la plus forte densité de population jamais enregistrée dans le monde, entre 835 et 1390 habitants par hectare.

Contrairement à ses apparences, cette mine de charbon unique n’avait rien d’un Alcatraz nippon. Cinéma, bars, restaurants, écoles, galerie marchande, hôpital, tout était organisé pour que les mineurs et leurs familles ne soient pas coupés du monde.

« La colonie de Gunkanjima semblait être l’expression d’une idéologie collectiviste, d’un dévouement à la production et à la compagnie avec son architecture de la dépersonnalisation au style aussi brutal que rationnel », précisent les photographes.

Désertée en 1974 et totalement épuisée de l’ensemble de ses ressources naturelles, Gunkanjima est laissée à l’abandon, en ruines, agonisant au milieu de l’eau.

Après leurs travaux sur les ruines de la ville de Détroit ou sur les théâtres américains (encore en cours), Marchand et Meffre prouvent avec ce nouveau projet, leur persévérance et leur talent à enquêter sur des endroits devenus vestiges de notre système moderne. Bercées par une atmosphère apocalyptique, leurs images témoignent et n’ont pas besoin de commentaires.

- « Gunkanjima », éd. Steidl, sortie prévue à la fin du mois de mai 2013 -