ÓSCAR DOMÍNGUEZ

ÓSCAR DOMÍNGUEZ

Friday, May 9, 2014Friday, July 4, 2014

Grand-Rue 33
Geneva, Switzerland

ÓSCAR DOMÍNGUEZ
Exposition du 9 mai au 4 juillet 2014

Un vent moderne soufflera ce printemps 2014 à la galerie Interart, avec une exposition consacrée à l’artiste Óscar Domínguez, acteur important du mouvement surréaliste et créateur énigmatique.
Une quinzaine d’œuvres présenteront un panorama de sa création entre 1935 et 1955 et illustreront la richesse d’expression et la vivacité de l’œuvre de ce peintre très particulier.

Surnommé "le dragonnier des Canaries" par André Breton, Óscar Domínguez ne laisse décidément pas indifférent. Cet artiste né à La Laguna, sur l’île de Ténérife, introduit dans l’art surréaliste « le sifflement ardent et parfumé des îles des Canaries », selon les mots de Breton. Venu pour la première fois à Paris en 1927 pour veiller aux affaires de son père, riche producteur agricole, Domínguez en profite pour découvrir la vie nocturne de la capitale et dépenser l’argent familial. Ce personnage savait se montrer extrême, parfois même violent, comme en témoigne une fameuse altercation, lorsqu’il jette un verre au visage de Victor Brauner, le privant définitivement de son œil gauche. En 1928, Domínguez rentre à Ténérife pour effectuer son service militaire et commence à exposer au Cercle des beaux-arts. De retour à Paris l’année suivante, sa capacité à rêver le monde et son esprit contestataire trouvent leur accomplissement dans le mouvement surréaliste.

Ses premières toiles surréalistes datées de 1932 sont saluées par La Gaceta de Arte de Ténérife. L’année 1934 marque son intégration dans le groupe parisien, avec lequel il participe aux expositions, avant d’en être écarté au sortir de la guerre. Il est également à l’origine de l’organisation d’une de leurs réunions à Ténérife en 1935, où Breton et les autres surréalistes découvrent ainsi ce monde exotique qui inspire tant l’artiste. Cette nature improbable est une véritable manne, la profusion végétale où s’épanouit le fameux dragonnier, arbre légendaire des îles des Canaries, excite l’imaginaire. Sans cesse, son travail s’y renouvelle, là est sa force de création. Sa peinture se place entre le jeu, le rêve et l’action, allant jusqu’à un décalage poétique, une confrontation avec l’absurde. La multiplicité de ses expériences mène Domínguez à la peinture gestuelle et à la création de la décalcomanie, en 1936.

La Vague, œuvre de 1938, regroupe plusieurs thèmes qui sont chers à l’artiste, tels la mer et ses spirales infinies, mais également l’ouvre-boîte, symbole hautement surréaliste du dévoilement de l’inconscient – de ce qui ne peut rester caché. La nature est ainsi manipulée par le subconscient du monde moderne, la poussant à sa perte. Benjamin Péret, dans sa préface pour l’exposition surréaliste de 1937, écrit à ce sujet : « La Nature, enfin morte, n’excite plus l’appétit. Elle s’ouvre grand comme une boîte de sardines de Domínguez, mais les sardines ne referont pas leur lit jusqu’à ce qu’il soit l’heure de dormir. »

Cette œuvre majeure porte l’empreinte métaphorique du surréalisme de Domínguez, toujours poétique. Elle fait partie de la période dite cosmique, en référence peut-être à la force du volcan des Canaries, force qui évoque l’état premier de l’humanité, les origines ou la fin, le chaos. Les œuvres de cette période, entre 1938 et 1939, sont considérées aujourd’hui comme l’un des apports majeurs d’Óscar Domínguez à la peinture du XXe siècle.




ÓSCAR DOMÍNGUEZ
Exhibition from 9th May to 4th July 2014

This spring it will be a modern wind blowing through the Interart Gallery with an exhibition dedicated to Óscar Domínguez, an important player in the surrealist movement and an enigmatic creator.
Some fifteen works will give a panorama of his creativity between 1935 and 1955 and illustrate the rich expression and vivacity to be found in this very individualistic painter's work.

Nicknamed by André Breton "the dragon tree of the Canaries", Óscar Domínguez does not leave one indifferent. The artist was born at La Laguna on the island of Tenerife and, according to Breton, he was responsible for introducing "the fervent and scented whistling of the Canary Islands" to surrealist art. He first arrived in Paris in 1927 to keep an eye on his father's business (his father being a wealthy farmer). Domínguez seized this opportunity to explore the capital's nightlife and spend the family's money. He was a person of extremes, even known to be violent on occasions, as illustrated by one famous brawl when he threw a glass, hitting Victor Brauner in the face and removing his left eye. In 1928 Domínguez returned to Tenerife to perform his military service and started to show his work at the "fine arts circle" (Circulo de Bellas Artes). Upon returning to Paris the following year, his ability to conjure up a dream world and his rebellious spirit found their fulfilment in the surrealist movement.

His first surrealist canvases, painted in 1932, won acclaim in Tenerife's La Gaceta de Arte. 1934 saw him integrate the Parisian group, with which he exhibited, before being dropped by it at the end of the war. He was also responsible for organizing one of their reunions in Tenerife in 1935, when Breton and the other surrealists were to discover this exotic world which has inspired so many artists. Its improbable nature is manna from heaven, the rich vegetation - where the legendary Canary Islands' dragon tree flourishes - stimulates the imagination. It provided him with a continual source of new ideas; it was home to his creative driving force. His painting lies between play, dreams and action, even extending to a poetic shift, a confrontation with absurdity. His extensive experimentation led Domínguez to gestural painting and then to the creation of decalcomania in 1936.

La Vague, a work dating from 1938, brings together several subjects which are dear to the artist, like the sea and its infinite spirals, but also the can-opener, a highly surrealist symbol of the revelation of the unconscious – of that which cannot remain hidden. It is thus that nature is manipulated by the modern world's subconscious, pushing it to its downfall. Benjamin Péret wrote on this subject in his preface to the 1937 surrealist exhibition. "Life, finally still, no longer whets the appetite. It opens up like one of Domínguez' tins of sardines but the sardines will not make their bed again until it's time to sleep."

This major work bears the metaphoric hallmark of Domínguez' surrealism: always poetic. It belongs to what is known as the cosmic period, referring perhaps to the volcanic strength of the Canaries, strength which summons up humanity's primal state, its origins or its end, chaos. The works from this period – 1938 and 1939 – are considered today as one of Óscar Domínguez' major contributions to 20th century painting.