Cao Guimaraes Commissariat Veronica Cordeiro (Paris)

Cao Guimaraes Commissariat Veronica Cordeiro (Paris)

Saturday, March 26, 2011Saturday, May 14, 2011


Paris, France

Cao Guimaraes Commissariat Veronica Cordeiro
26 mars - 14 mai 2011

Commissaire : Veronica Cordeiro

Pour sa première exposition personnelle à Paris, le plasticien et cinéaste brésilien Cao Guimarães présente un choix de photographies extraites de trois séries différentes et cinq courts métrages réalisés au cours des dix dernières années. La série Gambiarras [Bricolages] commencée en 2001 rassemble déjà plus de cent photographies, dont vingt seront exposées à la galerie Xippas. Les « bricolages » désignés par le titre recouvrent toutes sortes de réparations improvisées, solutions de fortune et inventions ingénieuses, brossant un panorama de la créativité redoublée par le manque de moyens, les incertitudes du marché et l’instabilité sociale. Cao Guimarães s’attache moins à l’aspect documentaire ou critique qu’à la poésie du quotidien tel qu’on le vit au Brésil, et plus généralement en Amérique latine ou dans le tiers-monde. Une planche à découper empêche une fenêtre de se refermer toute seule, un trombone retient une bretelle de soutien-gorge cassée, des pinces à linge raccordent entre eux les câbles d’allumage d’une voiture des années 1950, etc. Un court-métrage de 30 min, Mestres da gambiarra [Les Maîtres du bricolage] complète la série en donnant la parole à des Brésiliens qui expliquent leurs inventions singulières. Cao Guimarães, indifférent à l’accélération croissante du temps, se promène tranquillement aux marges de l’agitation urbaine, observant les choses que la plupart des gens ont cessé de voir. Ses films et ses photographies s’arrêtent sur de menus faits ordinaires sans la moindre arrière-pensée, sans message crypté. Ces respirations dans nos existences automatisées et intériorisées sont de purs instants de poésie. Deux vidéos récentes évoquent les mouvements de l’eau. La première révèle l’effet érotique du rythme répétitif des flux et reflux à Venise (Sculpture, 2010), tandis que la seconde souligne les aléas subtils du trajet suivi par l’eau autour des pavés, quelque part dans le Minas Gerais (Drawing, 2010). Da janela do meu quarto [De la fenêtre de ma chambre], un film de 2004, tourné en super-huit dans la région amazonienne du Pará, au nord du Brésil, nous montre deux enfants qui jouent à catcher dans la boue sous la pluie. L’un a un physique indigne et l’autre mulâtre, si bien que leur combat ludique devient presque une allégorie de la culture brésilienne et son métissage historique. Cao Guimarães a filmé en Uruguay Dia de festa [Jour de fête], à Montevideo en 2010, et Meiodia em Melo [Midi à Melo], à Melo, près de la frontière brésilienne, en 2011. Dans Dia de festa, la présence de l’artiste Carolina Cordeiro personnalise un banal terrain envahi par l’herbe folle en se livrant à un travail de vannerie soigneux avec les touffes de végétation. Meiodia em Melo nous présente une composition multicolore, quasi picturale, de balançoires en fer et bois photographiées dans une aire de jeux déserte.

Depuis le début des années 1990, Cao Guimarães a réalisé six longs métrages et plus de vingt courts métrages, mêlant le document à la fiction sur le mode poétique, présentés et souvent primés dans les principaux festivals : Locarno, Venise, Sundance, Cannes, Rotterdam, Cinéma du réel au Centre Pompidou, IDFA à Amsterdam, Las Palmas, São Paulo, Rio de Janeiro, pour ne citer qu’eux. De nombreux musées et galeries ont exposé ses photographies, vidéos et courts métrages, notamment la Tate Modern et les Gasworks à Londres, le Guggenheim Museum et le Museum of Modern Art à New York, le Kunstverein à Francfort, le Studio Guenzani à Milan, La Caja Negra à Madrid et la galerie Nara Roesler à São Paulo. Il a participé aussi à la Biennale de São Paulo en 2002 et 2006, ainsi qu’à la Biennale InSite ´05 à Tijuana et San Diego.

Cao Guimarães est né en 1965 à Belo Horizonte, dans l’État du Minas Gerais, où il vit et travaille actuellement.