Hervé Heuzé/Kiyoshi Nakagami

Hervé Heuzé/Kiyoshi Nakagami

hérvé heuzé - kiyoshi nakagami : 8 janvier au 26 février 2011

Hérvé Heuzé - Kiyoshi Nakagami : 8 Janvier au 26 février 2011

Saturday, January 8, 2011Monday, February 28, 2011

3, impasse Saint-Claude
74, rue de Turenne

Paris, France

Hervé Heuzé
8 janvier - 26 février 2011

« Pour moi il n’y a rien de plus difficile à représenter en tant que peintre que la lumière. Ceux qui y arrivent sont les plus grands peintres, les plus grands artistes » Kiyoshi Nakagami

Effets de lumières
C’est la quatrième exposition autour de la lumière d’Hervé Heuzé à la Galerie Jean-Luc + Takako Richard. En 2005 avec « Séracs » ses peintures à l’huile reproduisaient fidèlement la luminosité éblouissante de la haute montagne. En 2007 et 2008 ses « Abîmes » plongeaient les spectateurs dans une lumière diffuse. La quinzaine de nouvelles peintures présentées du 8 janvier au 26 février à la Galerie Jean-Luc + Takako Richard montrent des voilages irradiés par des faisceaux colorés placés hors du cadre. Il décline ces lumières dans leurs multiples intensités et couleurs et au travers des plis variés des tissus. Ses voilages semblent s’enrouler autour d’un espace vide foncé et circulaire. Ce qui pourrait s’apparenter à un trou noir en astronomie qui absorbe toute lumière et ici le regard du spectateur.

L’empreinte de la lumière sur la toile
Ce normand, habitué à observer la lumière à travers les nuages a développé une (photo)sensibilité particulière pour ses effets de filtration. Agé aujourd’hui de 46 ans, il a atteint cette maturité qui lui permet d’approfondir ce sujet qui le fascine depuis son enfance.
De la peinture à l’huile au pinceau pour reproduire la lumière des montagnes, il passe à la peinture acrylique à l’aérographe pour retranscrire l’atmosphère de lumière diffuse des abîmes. Il utilise aujourd’hui cette technique pour la série des voilages et drapés exposés en janvier à la Galerie Jean-Luc + Takako Richard. Par ailleurs l'emploi du pistolet de peinture le contraint à se protéger d’une combinaison semblable à un scaphandre.

Filtration de lumière et projections de peinture
Hervé Heuzé utilisait déjà pour sa série des « abîmes » une technique au pochoir inspirée par Man Ray qui consiste à poser un objet sur la toile et à projeter de la couleur autour. L’objet laissant sa trace sur la toile existe par son empreinte. Pour la série des « voilages et drapés » sa technique se complexifie avec l’utilisation de tissus comme pochoirs ou éléments de filtration. Les mailles se projettent sur la toile avec une très grande précision. La lumière mentale de l’artiste est ici matérialisée par la peinture qui traverse le tissu.
"En accentuant le contraste par la présence d’un fond très sombre, je peux transcrire les infinies variations des lumières colorées au travers de voilages que je pose devant la toile. Chaque peinture est comme le résultat d’une expérience de laboratoire unique et non reproductible d’une densité et d’une orientation de lumières colorées qui traversent des obstacles et les adoucissent. La lumière filtrée devient une vraie matière sculpturale tridimensionnelle. C’est un sujet inépuisable d’émerveillement et de surprises. Les peintres impressionnistes, si on y pense, ne disaient pas autre chose ». Hervé Heuzé

Une réputation internationale
Hervé Heuzé vient d’avoir sa première grande exposition personnelle aux Etats-Unis intitulée « French Contemporary Art : The work of Hervé Heuzé » présentant des peintures de grands formats de la série « Abîmes » à la Emily Davis Gallery, Myers School of Art, University of Akron, Ohio, du 9 septembre au 23 octobre 2010. Il participe à l’exposition de groupe intitulée « Gérard Garouste et les enfants de La Source » au Musée de Louviers du 16 octobre au 11 février 2011.

Hervé Heuzé est exposé simultanément du 8 janvier au 26 février à la Galerie Jean-Luc + Takako Richard avec un autre artiste de la Lumière le Japonais Kiyoshi Nakagami

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Kiyoshi Nakagami
8 janvier - 26 février 2011

Un artiste Nihonga
Ce peintre japonais né à Kanagawa en 1949, a été présenté en 2006 dans une exposition collective intitulée « Nihonga Painting, Six Provocative Artists » au Musée d’Art de Yokohama. « Nihonga Painting » signifie peinture japonaise (Nihon voulant dire Japon) en opposition à l’art occidental (Western Painting). Alors que Takashi Murakami confie ne pas être considéré au Japon comme un artiste Nihonga, Kiyoshi Nakagami a atteint cette reconnaissance par l’authenticité de son art et son enracinement dans la culture de son pays. Au musée d’Art de Yokohama, Kiyoshi Nakagami avait choisi d’associer dans son exposition une peinture sur soie de l’artiste Taikan Yokoyama issue de la collection permanente et datant de 1912. Vivant exclusivement au Japon, peu enclin aux voyages, Kiyoshi Nakagami est un peintre solitaire qui force le respect.

Une technique novatrice et secrète
Il a développé une technique qu’il est le seul à maîtriser. La préparation mentale préalable à la réalisation de l’œuvre est une étape majeure de son processus créatif. Cette capacité de reproduire si magistralement les effets de diffusion de la lumière en peinture n’a pas d’équivalent. Ces peintures parfaitement maîtrisées sont réalisées sans pinceaux. « Kiyoshi n’aime pas du tout communiquer sur la toile les mouvements du corps du peintre et par ce biais transmettre la passion fiévreuse ou la crudité – par exemple celle des expressionnistes… Au lieu de quoi il s’efforce d’observer constamment son tableau « nouveau né » ; il réfléchit et facilite en quelque sorte sa naissance ». Nakagami n’imite pas la nature, il reproduit sur la toile des phénomènes naturels de création identiques à ceux de la nature. Il ne reproduit pas des nuages, il les crée physiquement parlant.

La Lumière au centre du tableau
Ses peintures sont à l’opposé du concept de peinture « superflat ». Il n’y a rien de plus tridimensionnel qu’une peinture qui représente la lumière, unique sujet de son œuvre. Cette lumière dorée apparaît sous forme d’un faisceau ou sous la forme diluée de lignes vibratoires qui se répandent sur la surface sombre de la peinture. La peinture de Kiyoshi Nakagami absorbe le regard dans un espace méditatif. Cette disponibilité à la contemplation est facilitée par l’absence de toute matière de peinture sur la toile susceptible d’arrêter frontalement le regard. Le regard rentre dans un espace d’une profondeur de champ infinie. Cet effet est tout aussi fort face à une peinture de petit format que face à un diptyque de grande taille. Si le thème de la genèse s’impose au plus grand nombre, l’artiste laisse le regardeur dans la liberté de son imagination. Sa préoccupation réside dans sa capacité en tant que peintre à reproduire la lumière et ses phénomènes. C’est pour lui la tâche la plus difficile, celle que relève selon lui les plus grands peintres. « On aperçoit une ligne fine mais lumineuse. D’où sort ce rayon de lumière ? Du ciel ? Ou d’une source intérieure cachée ? La lumière luit, mais son origine est ambiguë ».Toshio Yamanashi

Un parcours international
Ses œuvres sont dans la collection du Musée National d’Art Moderne de Tokyo et il a eu une exposition personnelle en 2008 au Musée d’art de Kanagawa. Il est défendu par la hino Gallery à Tokyo depuis 1989 et par la Galerie Jean-Luc + Takako Richard depuis 2003.

Kiyoshi Nakagami est exposé simultanément avec un autre peintre de la Lumière, l'artiste Français Hervé Heuzé du 8 janvier au 26 février à la Galerie Jean-Luc + Takako Richard.