Eduardo Arroyo: Collection printemps-été automne-hiver

Eduardo Arroyo: Collection printemps-été automne-hiver

euro-crise by eduardo arroyo

Eduardo Arroyo

Euro-Crise, 2009

Friday, May 28, 2010Saturday, July 10, 2010


Paris, France

Eduardo Arroyo 'Collection printemps-été automne-hiver'
28 mai - 10 juillet 2010

À travers le fruit d’une année de travail, 59 pièces mêlant tableaux à l’huile, dessins au crayon, collages de papier de verre, Eduardo Arroyo entreprend de raconter une histoire où l’étrange et le familier font bon ménage.

On y voit les aimables revenants de sa peinture : les portraits des peintres qui lui ressemblent, Fernand Léger de profil affublé du nez de Cyrano, Sherlock Holmes sur fond prince de galles plongé dans les photographies de ses enquêtes, Saint Sébastien les jambes criblées de flèches, Fantômas et l’Homme invisible en suspend dans un récit en cours d’écriture.

L’exposition rassemble des personnages dispersés dans des récits antérieurs : Robinson Crusoë, Freud derrière un sommier, Walter Benjamin et son rideau de fumée, Guillaume Tell, transfuge de la lointaine série Opéra et Opérettes, traité cette fois avec une palette luxuriante.

Après une longue période consacrée exclusivement au dessin, Eduardo Arroyo a saisi le prétexte de la présentation à la galerie Louis Carré & Cie de cette Collection printemps-été automne-hiver pour peindre motifs et textures variés : “veste paysage” de Tanger, escarpin fleuri du printemps, pâturages suisses, turban de Flaubert, chevelure et manteau d’une Vierge absorbée par la lecture d’Ulysse, Peggy Guggenheim en oraison sous la protection d’une abeille de l’abondance attirant de scintillantes pièces d’or.

Il utilise le crayon comme un pinceau afin de dessiner les blessures du vieux boxeur, les relectures de Lolita, la robe de bure reprisée d’un Oscar Wilde aux allures de saint de la Renaissance.

Le collage de papier de verre rugueux et coloré est l’écho amusé de son intérêt pour l’état du marché de l’art.

Cette fois encore l’artiste renverse les poncifs et s’adonne avec bonheur à l’art du pastiche.

Un Joseph d’Arimathie presque aussi maniériste que celui du Bronzino issu de la Déploration du Christ mort du musée de Besançon, un Pierre Loti moins naïf que celui du Douanier Rousseau, un Lesdiguières, le dernier connétable de France, en colosse allégorique et se livre à l’art du détournement en renversant, au pied de la lettre, toute sorte d’objets donnant ainsi à voir une nouvelle iconographie où s’entrecroisent des titres dont on peut penser qu’ils sont quasiment l’exploration d’une forme littéraire. Catalogue trilingue (français-anglais-espagnol), texte de Bernard Chapuis.