Galerie Karsten Greve, Paris

Sally Mann

Sally Mann

battlefields, untitled (antietam #12) by sally mann

Sally Mann

Battlefields, Untitled (Antietam #12), 2001

battlefields, untitled (antietam #14) by sally mann

Sally Mann

Battlefields, Untitled (Antietam #14), 2001

deep south #5 by sally mann

Sally Mann

Deep South #5, 1998

deep south #43 by sally mann

Sally Mann

Deep South #43, 1998

Saturday, October 16, 2010Wednesday, December 22, 2010


Paris, France

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Sally Mann

Vernissage le samedi 16 octobre de 17h à 21h

Exposition du 16 octobre au 22 décembre 2010

La galerie Karsten Greve est heureuse de présenter à l’automne 2010 une importante exposition consacrée à la photographe américaine Sally Mann, née à Lexington en 1951. Cette exposition présentera, sous la forme d’un parcours rétrospectif, différentes étapes du travail de l’artiste à travers des photographies réalisées depuis le milieu des années 90 jusqu’à nos jours. (Deep South 1996-1998), (Battlefields 2000-2002), (Faces 2004) et (Proud Flesh 2004-2009)

Depuis ses débuts, Sally Mann est restée fidèle à son principe de photographier son environnement proche, qu’il s’agisse des paysages du Sud des Etats-Unis, où elle vit depuis son enfance, ou de sa famille. Elle y évoque des thématiques universelles telles que l’enfance, la mémoire ou le rapport à la mort. Repoussant les limites de la simple représentation du réel, elle met en évidence certains détails pour aller vers quelque chose de plus universel et nous donne à voir des images dans lesquelles le temps est comme suspendu. Ses oeuvres se caractérisent le plus souvent par une contemplation silencieuse.

Ce caractère intemporel est significatif des paysages qu’elle réalise à la fin des années 90 avec la série « Deep South ». Photographiant sa région natale, le sud profond des Etats-Unis, Sally Mann nous fait découvrir des paysages apparemment paradisiaques, par leur abondance et la luxuriance de la végétation, reflétant une certaine douceur et la moiteur du climat. Cependant cette campagne vide de toute présence humaine évoque aussi le passé trouble de cette région, ancienne terre d’esclavage.

Sa manière de photographier, mais aussi l’emploi de techniques anciennes, aboutissent à un rendu qui donne un caractère très plastique voire pictural à ses photographies. Ayant utilisé la chambre pour ses photographies précédentes, puis différents procédés de virage notamment dans la série « Deep South », Sally Mann se tourne au début des années 2000 vers la technique du négatif au collodion humide. Outre le caractère plastique si singulier que cette technique ancienne, issue des tous premiers temps de la photographie, procure aux photographies de Sally Mann, elle permet d’extraire ces images du monde strictement contemporain pour les placer hors du temps, le temps ralenti devient extatique. Ce procédé deviendra sa technique de prédilection pour les années à venir, il demande un temps de pose de plusieurs minutes et génère des imperfections que l’artiste utilise et intègre à ses images.

A partir des années 2000, Sally Mann se consacre à un projet intitulé « What Remains ». Regroupant plusieurs séries, cet ensemble compose un corpus traitant de la disparition, de la décrépitude et de ce qui reste, à la manière d’une réflexion sur la vie et la mort. A travers des vues d’anciens champs de batailles de la guerre de sécession, la série « Battlefields » forme un ensemble de paysages sombres qui évoque la noirceur de l’histoire passée du Sud des Etats-Unis. Tout en nuances du gris sombre au noir, les images retracent le cheminement de l’artiste sur les différents lieux de bataille sur lesquels elle a côtoyé les vestiges des ossements et des âmes de ces soldats disparus et dont ses photographies évoquent la mémoire. Pour clore ce travail, Sally Mann réalise en 2004 une nouvelle série de portraits de ses enfants devenus de jeunes adultes. Cette fois en très gros plan, les visages, terrifiants et fascinants à la fois, captent une expression énigmatique. Parfois mal lisibles, les traits des visages laissent place aux imperfections de surface du négatif qui semble former comme une seconde peau sur l’image.

Depuis 2004, Sally Mann a mené avec la série « Proud Flesh » un travail photographique sur le corps de Larry, son mari. Photographiant des sections de son corps presque à la manière de paysages. Elle révèle par son approche photographique la profonde relation entre une femme et un homme donnant à voir toute une gamme d’émotions allant de la franchise à l’érotisme, de la tendresse à la brutalité, des extraits de corps lieu d’un autre champ de bataille.

Artiste internationalement reconnue et récompensée par de nombreux prix, elle est représentée par la galerie Karsten Greve de puis plus de dix ans. Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques internationales, entre autres le MoMA ou le Whitney Museum à New York ainsi que Musée d’Art Moderne de San Francisco ou le Tokyo Metropolitan of Art.

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Sally Mann

Opening October 16th , 2010 from 5 to 9 pm

Exhibition from October 16 to December 22, 2010

The Karsten Greve Gallery is pleased to present an important exhibition this coming fall devoted to the American Photographer, Sally Mann, born in Lexington, Virginia in 1951. This exhibition will present different stages of the artist’s work in the form of a retrospective through photographs taken since the middle of the 1990’s until now. (Deep South 1996-1998), (Battlefields 2000-2002), (Faces 2004) and (Proud Flesh 2004-2009).

From the start, Sally Mann has remained true to her principle of photographing her personal environment, whether it involves the landscapes of the southern United States where she has lived since her childhood, or her family. She evokes universal themes such as childhood, memory and the relationship with death. Pushing the limits of a simple representation of reality, she exposes certain details in order to move towards something more universal and gives us images in which time seems to be suspended. Her works are characterised most often by silent contemplation.

This timeless character is significant of the landscapes she produced at the end of the 1990’s with the series “Deep South”. Photographing her region of birth, the deep south of the United States, Sally Mann introduces us to landscapes that are seemingly heavenly for their abundance and luxurious vegetation that also reflect gentleness and the climate’s mugginess. However, this landscape, which is empty of any human presence, also evokes the troubled past of this region, which was a former land of slavery.

Her way of photographing, but also her use of traditional techniques, result in a rendering that gives a very plastic or pictorial character to her photographs. Having used a view camera for her previous photographs and different toning procedures, notably in the series “Deep South”, Sally Mann turned to the technique of the negative wet plate collodion process at the beginning of the 2000’s. Besides the very particular plastic character that this exceedingly old technique procures in Sally Mann’s photographs, originating from the very advent of photography, it allows them to withdraw from the strictly contemporary world and places them outside of time, where time slowed becomes ecstatic. This process became her technique of preference for the coming years. It requires an exposure time of several minutes and generates imperfections that the artist uses and integrates into her images.

Starting in the Noughties (the 2000’s), Sally Mann devoted herself to a project entitled “What Remains”. Regrouping several series, this ensemble composes a corpus that deals with disappearance, decrepitude and what remains in the vein of a reflection on life and death. “Battlefields” forms an ensemble of sombre landscapes that evoke the darkness of the past history of the southern United States through views of ancient battlefields of the Civil War. In nuances of dark grey and black, the images retrace the path of the artist through the different battle sites where she has walked over the bones and souls of the forgotten soldiers, her photographs evoking their memory. To conclude this work, Sally Mann produced a new series of portraits in 2004 of her children having become young adults. This time, the faces, which are both terrifying and fascinating, shot in extreme close-up, capture an enigmatic expression. At times not very readable, the features of the faces give way to the imperfections on the surface of the negative, which seems to form a second skin over the image.

Since 2004, Sally Mann has with the series “Proud Flesh”, conducted a photographic study of her husband Larry’s body, photographing sections of his body almost in the manner of landscapes. Through her photographic approach she reveals the profound relationship between a man and a woman that unveils emotions ranging from frankness to eroticism and tenderness to brutality; the body’s extracts reflecting another battlefield.

Sally Mann is an internationally renowned artist who has been represented by the Karsten Greve Gallery for more than ten years and whose work has been awarded several prizes. Her works can be found in numerous private and international public collections ranging from the MoMA and the Whitney Museum in New York to the Museum of Modern Art in San Francisco and the Tokyo Metropolitan Museum of Art.