Galerie Karsten Greve, Paris

on paper III

on paper III

need4speed (1) by justine harari

Justine Harari

Need4Speed (1), 2011

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t.f. n°18 by raul illarramendi

Raul Illarramendi

T.F. n°18, 2011

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dreamland by silia ka tung

Silia Ka Tung

Dreamland, 2010

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cheval blanc by marina karella

Marina Karella

Cheval blanc, 2011

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over and out by claire morgan

Claire Morgan

Over And Out, 2011

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potentats d' imfirmités by louis soutter

Louis Soutter

Potentats d' Imfirmités, 1937–1942

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Saturday, November 19, 2011Saturday, January 7, 2012


Paris, France

on paper III

de
Pierrette Bloch, Louise Bourgeois, James Castle, Gotthard Graubner, Justine Harari, Raúl Illarramendi, Silia Ka Tung, Marina Karella, Claire Morgan, Gideon Rubin, Joel Shapiro, Louis Soutter

Exposition du 19 novembre 2011 au 7 janvier 2012

La Galerie Karsten Greve est heureuse de présenter la troisième édition de on paper, une exposition collective consacrée à une sélection d’artistes travaillant avec le papier. L’exposition regroupera douze artistes abordant ce support de manière différente.

Les oeuvres abstraites des Louis Soutter (1871 - 1942), évoquant des silhouettes humaines et connues en tant que dessins au doigt, ont été élaborées au cours des cinq dernières années de sa vie. L’approche personnelle et directe de l’artiste utilisant le dessin et la peinture au doigt – assez unique pour le XXème siècle – produit un effet remarquablement expressif, associant sérieux et tragédie, dans un cadre essentiellement chrétien.

Également dans ses oeuvres tardives, Louise Bourgeois (1911 - 2010) a considérablement développé sa pratique du dessin. Les thèmes de la figure féminine et du corps qu’elle utilise depuis plusieurs décennies à travers divers genres ont pris ces dernières années un caractère presque obsessionnel. Dans ses gouaches en rouge, elle dissèque le thème de la fertilité, la maternité, l‘accouchement et la douleur féminine au travers du tracé de la ligne qui ressemble parfois aux incisions du scalpel, créant des contours estompés et « aquarelliques » comme des tâches sanguines sur tissu.

James Castle (1899 - 1977), artiste américain autodidacte, sourd de naissance, a grandi retiré du monde dans son cercle familial en Idaho. Isolé de la scène artistique internationale et de l’éducation académique, il a vécu sa curiosité artistique en utilisant des matériaux pauvres et abandonnés, nous offrant un paysage intérieur très personnel et non adressé au public. Il a découvert une technique brute et innocente en mélangeant la suie avec du papier crêpé et sa propre salive, les appliquant avec des papiers roulés et des petites baguettes. Son ignorance des modes de communication, tels que la parole, l’écriture ou la lecture, lui a permis de développer de manière existentielle un canal d’expression, d‘observation et de réflexion sur son cadre de vie quotidien ; des paysages, des intérieurs et des maisons, au travers du dessin et des sculptures en papier, se servant des papiers et emballages trouvés tantôt dans le bureau de poste, tantôt dans le magasin du village, dirigé par son père.

Portraitiste du quotidien également, Gideon Rubin (1973), jeune artiste israélien, croque sur des morceaux de cartons d’emballage de petites silhouettes. En quelques traits et coups de pinceau, il dessine des figures représentant tantôt des personnages anonymes de la publicité, tantôt des célébrités ou des figures inspirées de tableaux de maîtres classiques. Les attitudes et expressions sont saisies sur le vif et les personnages, bien qu’étant la plupart du temps sans visage, ont une grande présence. Rubin joue du contraste entre la représentation et le support brut parfois mal découpé, intégrant à sa composition des motifs ou des lettres déjà imprimés sur le carton.

L’oeuvre de Claire Morgan (1980) est constituée de dessins et de sculptures. A côté des dessins préparatoires elle inclut parfois des résidus du procédé de taxidermie, comme trace naturelle de ses sculptures, avant d’ajouter des dessins à l’aquarelle et au crayon, riches en détails minutieux. Des animaux dont le sang peut laisser des traces sur la page sont également représentés. Le dessin est très important pour Claire Morgan car il lui permet d’explorer les différentes possibilités de chacune de ses idées : les procédés de ses dessins vers la taxidermie l’invitent à une meilleure appréciation de la matière et des formes et sont intrinsèquement liés.

Marina Karella (1940) - L’installation présentée pour l’exposition on paper III met en scène différents portraits, images, paysages, scènes d’intérieur, réalisés à l’huile ou à l’aide de collages. Ces images hétéroclites évoquent chacune indépendamment un espace, une action, un temps. L’installation permet au spectateur de s’inventer une histoire, une aventure ou une poésie personnelle. Si chaque image peut évidemment être observée dans son unité, l’installation veut évoquer un mouvement, comme dans un rêve où les situations se succèdent et se superposent sans qu’initialement on en perçoive le sens. Ce dispositif est à la fois une invitation au rêve et une réflexion sur l’étrangeté des éléments qui peuplent une vie.

Dans cette série de pastels sur papier, Justine Harari (1968) poursuit ses recherches sur les notions d’auteur, du sens des images et des idées relatives à la réalité. Les images provenant d’un jeu vidéo (Need4Speed) et d’une vidéo musicale de Youtube (Grace Jones - Corporate Greed), sont interprétées sous forme de pastels doux et poudrés, l’un des genres artistiques les plus traditionnels. Ils sont présentés dans un format panoramique qui évoque immédiatement l’idée d’un film étrangement familier. En créant de nouvelles oeuvres à partir d’images qu’elle s’approprie, Justine joue d’un air moqueur avec la notion d’auteur. Utilisant des images préexistantes et les juxtaposant de différentes manières, elle crée une iconographie fraîche et, tout comme pour l’iconoclasme, la destruction d’une image en crée une autre.

Silia Ka Tung (1974) est fascinée par les sphères de la nature invisible et le corps humain, ainsi que par les labyrinthes intérieurs de la création. Son art explore le déploiement et les processus curieux du fonctionnement fascinant du corps humain, qui sont trop minutieux pour être aperçus par l’oeil nu. Elle cherche à créer une oeuvre qui symbolise la vie, l’énergie et la force.

En comparaison avec les sculptures, Joel Shapiro (1941) travaille ses oeuvres sur papier de manière plus abstraite. Il crée également des ensembles de formes géométriques mais moins concentrés sur la tension entre l‘abstraction et la figuration. Évoquant dans ses sculptures l‘association entre le corps humain en mouvement et le lieu d‘exposition, il cherche dans ses dessins un lien entre le niveau du motif et la réalité des matériels engagés tels que le fusain et le pastel sur papier. Il transmet l‘idée du corps dans l‘espace, initié dans ses créations sculpturales, dans la surface bidimensionnelle. Au travers d’une géométrie hétéroclite et de couleurs contrastées, il provoque une perception des tensions et mouvements qui trouvent une porte de sortie vers le spectateur grâce à la visibilité des caractéristiques du matériel poudré, maculé au-delà des contours de formes quadratiques.

Explorant les limites entre le dessin et la sculpture ainsi que les rapports de vide et de plein dépendant de ses gestes spontanés, Pierrette Bloch (1928) « part à l’aventure ». Dès ses débuts, elle joue sur des variations presque imperceptibles de tonalité et de rythme. Son travail abstrait fait à partir de matériaux pauvres et de formes simples est essentiellement focalisé sur l’espace, le temps et le mouvement. Ses oeuvres sur papier incluent des dessins et des collages constitués de papiers déchirés, superposés et marqués de tâches d’encre de Chine, qu’elle dépose par petites touches, en points répétitifs et aléatoires.

Raul Illarramendi (1982) repousse les limites de l’expression artistique par le dessin. La plupart de ses dessins de la dernière décennie sont le résultat de son intérêt continu pour la représentation des erreurs et des traces laissées par une activité spontanée. Dans la série Tache Formaliste, deux gestes sont confrontés. La représentation de la fluidité et du flux libre de la viscosité, d’un côté la peinture en tant que matière et d’un autre côté l’interruption abrupte de ce flux, donnent un nouveau statut à la teinte, un second niveau d’abstraction, lui retirant son identité dans l’espace. Bien que ses séries paraissent esthétiquement opposées, elles sont toutes le produit d’une réflexion continue. La représentation d’une fausse teinte, d’une fausse fluidité, d’un faux rythme et d’un faux évènement. Ses oeuvres sont réalisées uniquement à la pointe du crayon.

Gotthard Graubner (1930) a trouvé sa voie très tôt et l’a poursuivie avec beaucoup de cohérence développant comme thème principal la vie autonome de la couleur. Ses oeuvres ont un caractère méditatif d’une grande sensibilité. Les inégalités chromatiques évoquent une sensation de l’espace qui donne à la surface de l’oeuvre des dimensions nouvelles. Les oeuvres sur papier ont toujours eu leur statut indépendant dans l’oeuvre de Graubner et se caractérisent par une plus grande place donnée à l’expérimentation et à la spontanéité.

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on paper III

by
Pierrette Bloch, Louise Bourgeois, James Castle, Gotthard Graubner, Justine Harari, Raúl Illarramendi, Silia Ka Tung, Marina Karella, Claire Morgan, Gideon Rubin, Joel Shapiro, Louis Soutter

November 19, 2011 - January 7, 2012

The Karsten Greve Gallery is pleased to present the third edition of on paper, a collective exhibition devoted to a selection of artists working with paper. The exhibition brings together twelve artists who each use paper in different ways.

The abstract works of Louis Soutter (1871 - 1942), evoking human silhouettes and referred to as finger drawings and finger paintings, were produced during the last five years of his life. The personal and direct approach of the artist using finger painting and drawing – which was quite unique for the 20th century – produce a remarkable and expressive effect that combines seriousness and tragedy in an essentially Christian context.

Louise Bourgeois (1911 - 2010) also developed her drawing practice considerably in her later works. The themes of the feminine figure and the body that she has used for several decades in different genres have assumed an almost obsessive character these past years. In her red gouaches, she dissects the theme of fertility, maternity, birthing and feminine pain through lines that sometimes resemble the incisions of a scalpel, creating blurred and “water-colour-like” contours resembling bloodstains on cloth.

James Castle (1899 - 1977) is a self-taught American artist who was born deaf and who grew up in his family circle far removed from the world in Idaho. Isolated from the international art scene and academic education, he expressed his artistic curiosity by using poor and abandoned materials, offering us an inner landscape that is very personal and not in the least directed towards the public. He discovered a rough and innocent technique of mixing soot with crape paper and his own saliva, applying them with rolled-up paper and little sticks. His ignorance of the fundamental modes of communication such as words, writing or reading, allowed him to develop a channel of expression, observation and reflection upon the framework of his daily world in an existential manner. Landscapes, interiors and houses were created through paper drawings and sculptures on wrapping paper recovered from the Post Office or his father’s grocery store.

Gideon Rubin (1973) a young Israeli artist, is likewise a portraitist of daily life who sketches little silhouettes on pieces of cardboard. With only a few lines or brush strokes, he draws figures representing anonymous figures and celebrities, or figures inspired by the classical masters. The attitudes and expressions are set down on the fly and the characters, even though they are most often faceless, have extraordinary presence. Rubin plays with the contrasts between the representation and the rough support, which at times, is badly cut, incorporating the motifs and letters already printed on the cardboard into his composition.

The work of Claire Morgan (1980) is composed of drawings and sculptures. Alongside her preparatory drawings, she sometimes includes the residues of the taxidermy process as natural traces on her sculptures before adding watercolour and pencil crayon drawings that are rich in meticulous detail. Animals whose blood can leave traces on the page are also represented. Drawing is very important for Claire Morgan because it allows her to explore the different possibilities of each of her ideas. The processes of her drawings towards taxidermy invite a better appreciation of the material and the form and are intrinsically bound.

Marina Karella (1940) – The installation presented for the exhibition on paper III features different portraits, images, landscapes and interior scenes done with oils or the help of collage. These sundry images each independently evoke a space, an action or a time. The installation allows the spectator to invent a story, an adventure or a personal poem for himself or herself. Though each image can obviously be observed alone, the installation evokes a movement as in a dream where situations follow one upon each other or overlap without our initially perceiving the meaning. This approach is both an invitation to dream and a reflection upon the strangeness of the elements that people a life.

In this series of pastel on paper, Justine Harari (1968) continues her research on the notions of authorship, the meaning of images and ideas relative to reality. The images come from a video game (Need4Speed) and a YouTube music video by (Grace Jones - Corporate Greed), which are interpreted in the form of soft, powdery pastels, one of the most traditional artistic genres. They are presented in a panoramic format that immediately evokes the idea of a strangely familiar film. By creating works from images she has appropriated, Justine plays with the notion of authorship with a mocking air. Using pre-existing images and juxtaposing them in different ways, she creates a fresh iconography and just like iconoclasm, the destruction of an image creates another.

Silia Ka Tung (1974) is fascinated with the invisible spheres of nature and the human body as well as the interior labyrinths of creation. Her art explores the deployment and curious processes of the fascinating functioning of the human body that are too minute to be seen with the naked eye. She seeks to create a work that symbolises life, energy and strength.

In comparison to his sculptures, Joel Shapiro (1941) produces his works on paper in a more abstract manner. He also creates collections of geometric forms but these are less concentrated on the tension between abstraction and figuration. Evoking in his sculptures the association between the human body in movement and the exhibition space, he seeks a tie between the level of the motif and the reality of the materials deployed such as charcoal and paper on pastel. He transmits the idea of the body in space, initiated in his sculptural creations on a two-dimensional surface. He provokes a perception of tensions and movements through a heterogeneous geometry and contrasted colours that find an outlet towards the spectator thanks to the visibility of the characteristics of the powdery material, smudged beyond the contours of the quadratic shapes.

Pierrette Bloch (1928) “goes off on an adventure” to explore the limits between drawing and sculpture as well as the relationships between emptiness and fullness that depend on her spontaneous gestures. Right from her beginnings, she played on the almost imperceptible variations of tonality and rhythm. Her abstract work made from poor materials and simple shapes is essentially focussed on space, time and movement. Her works on paper include drawings and collages comprised of torn paper, superimposed and marked with spots of India ink that she applies in small dabs in repetitive and random dots.

Raul Illarramendi (1982) pushes the limits of artistic expression through drawing. Most of his drawings from the last decade are the result of his ongoing interest for the representation of the errors and traces left through spontaneous activity. Two gestures are confronted in the series Tache Formaliste (Formalist Task). The representation of fluidity and the free flow of viscosity on the one hand in painting as a medium and on the other hand the abrupt interruption of this flow providing a new status to the hue, a second level of abstraction, withdrawing its identity in the space. Even though these series appear to be aesthetically opposed, they are all the product of a continuous reflection. The representation of a false hue, of a false fluidity of a false rhythm and a false event. His works are produced only with the point of a pencil.

Gotthard Graubner (1930) found his path very early and has followed it with a great deal of consistency developing the autonomous life of colour as a principal theme. His works have a meditative character and express great sensitivity. The chromatic inequalities evoke a sensation of space that gives the surface of the work new dimensions. The works on paper have always held an independent status in Graubner’s work and are characterised by greater experimentation and spontaneity.