Galerie Karsten Greve, Paris

Joel Shapiro: Wood Plaster Paint

Joel Shapiro: Wood Plaster Paint

sans titre / untitled by joel shapiro

Joel Shapiro

Sans titre / Untitled, 2014

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Joel Shapiro

Sans titre / Untitled, 2014

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Joel Shapiro

Sans titre / Untitled, 2007

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Joel Shapiro

Sans titre / Untitled, 1998

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Joel Shapiro

Sans titre / Untitled, 2014

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Joel Shapiro

Sans titre / Untitled, 2004–2013

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Saturday, May 3, 2014Saturday, August 23, 2014

5 rue Debelleyme
Paris, 75003 France

Vernissage en présence de Joel Shapiro
le samedi 3 mai 2014 de 17h à 20h


La Galerie Karsten Greve est heureuse de présenter l’exposition Wood Plaster Paint consacrée à Joel Shapiro. Fasciné par le déploiement de la matière dans l’espace, l’artiste newyorkais conçoit la sculpture comme une condensation de son expérience : le mouvement de l’œuvre est alors le miroir d’une pratique émotive concrétisée dans l’espace, ce qui donne vie à un art de la vibration et de l’extase. L’exposition présente des œuvres aux matériaux et aux pratiques divers réalisées à partir des années 80. Bien que différentes, chaque œuvre a la caractéristique de démystifier les catégories supposées mais tant déclamées entre art figuratif, abstrait ou conceptuel, en ramenant ainsi l’attention au hic et nunc de l’œuvre.

La perception des œuvres de Joel Shapiro est possible seulement lorsque l’on considère la forme comme un langage en soi, renonçant au moins au début à toute description verbale. Le travail de l’artiste a toujours été centré autour de la notion d’espace et de l’expérience qu’on en fait : se développant dans toutes les directions, la forme des sculptures se déploie dans les salles et envahit les trois dimensions dont elles se composent. L’objectif de l’artiste est la liberté de la sculpture, aussi bien dans sa légèreté que dans son ancrage au sol : de cette manière les œuvres instaurent avec le spectateur un rapport dynamique qui est fait de proportions, de distances et de directions. Pour ne pas nuire à ce dialogue, dès les années 80 Joel Shapiro supprime de ses sculptures le socle qui, comme le cadre ou la scène, a l’obscur pouvoir d’éloigner l’art du monde.

Le dynamisme des sculptures de Joel Shapiro est donné principalement par deux aspects : la disposition des éléments et leur couleur. L’artiste commence à peindre le bois pour en quelque sorte le transformer : la couleur permet de changer la forme, de l’enrichir d’un sens qui autrement lui échapperait. Un élément se fait par exemple plus épais et volumineux s’il est peint en noir : la couleur modifie la perception de la forme et, par conséquent, la présence de la matière devant l’observateur. Dans ce sens, si la sculpture garde la mémoire du mouvement, la couleur aide à l’évoquer. Le processus créatif se fait lui-même en devenir : l’artiste retravaille la configuration en remaniant la disposition des éléments jusqu’à ce qu’il trouve une forme qui ait du sens, puisque la forme, au de-là des mots, signifie quelque chose.

Le travail de Joel Shapiro se décline dans des techniques et des matériaux divers : son corpus se compose de dessins, sculptures en bronze, fonte, plâtre, argile ou bois. Coulés dans le bronze, les morceaux de bois gardent tous les détails du matériel préalablement travaillé : les veines, les nœuds et les autres irrégularités sont ainsi figées dans le métal, témoins d’une vitalité qui reste ainsi visible. Les sculptures de Joel Shapiro prennent parfois la forme d’installations architecturales : connectés entre eux par du fil de fer, des clous ou des vis, les éléments composant l’œuvre forment des constellations suspendues dans un équilibre parfait et presqu’idéal. Le spectateur peut alors pénétrer l’espace habité par l’œuvre et y déambuler.

Si le spectateur est sans doute libre dans sa perception de l’œuvre et il peut attribuer aux formes ce qu’il croit reconnaitre en elles, les sculptures de Shapiro ne sont pas volontairement figuratives : elles évoquent quelque chose sans le représenter explicitement. Ce qui est intéressant dans son travail est que, quoique non figuratif, il n’est pas non plus abstrait. Les sculptures sont envahies d’une attitude, d’un élan qui parfois rappelle une entité sans pourtant la signifier directement. Il s’agit donc d’une sculpture vitale et pleine de possibilités qui n’est pas la synthèse de quelque chose en particulier et qui vise toujours la vibration de l’œuvre : les sculptures de Joel Shapiro condensent une action, un mouvement qui passe d’un élément à l’autre et qui permet ainsi de sentir l’espace.

Joel Shapiro est né en 1941 à New York où il vit et travaille. Il a reçu les distinctions de l’Académie royale suédoise des arts en 1994 et de l’Académie américaine des arts et des lettres en 1998. En France, l’artiste est nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 2005. En 2013 les Etats-Unis lui ont attribué le prestigieux National Art Award for Outstanding Achievement. Parmi ses commandes publiques les plus importantes figurent celles pour le Musée Mémorial de l’Holocauste de Washington et pour l’Ambassade d’Ottawa. Ses œuvres ont intégré de nombreuses collections internationales telles que le MOMA, le Metropolitan Museum de New York, le Centre Pompidou et la TATE Gallery.

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Opening in the presence of Joel Shapiro
on Saturday 3rd May, 2014 from 5pm to 8pm

Galerie Karsten Greve is pleased to present the Wood Plaster Paint exhibition devoted to Joel Shapiro. Fascinated by the deployment of matter in space, the New York artist creates sculpture as a condensation of his experience: the movement of the work is thus the mirror of an emotional practice embodied in the space, which gives life to an art of vibration and ecstasy. The exhibition presents works of diverse materials and practices produced from the 1980s. Although different, each work has the characteristic of demystifying assumed categories as declaimed between figurative, abstract or conceptual art, thus bringing attention to the hic et nunc of the work.

The perception of Joel Shapiro's works is possible only when we consider the form as a language in itself, giving up, at least initially, any verbal description. The artist's work has always been centred around the notion of space and the experience that is made of it: growing in all directions, the shapes of the sculptures spread out in the rooms, invading the three dimensions of which they consist. The goal of the artist is the freedom of the sculpture, both in its lightness and its attachment to the ground. In this way the works establish a dynamic relationship with the viewer that is made of proportions, distances and directions. So as not to prejudice this dialogue, Joel Shapiro removed the base of his sculptures in the 80's, which like a frame or a stage set, have the dark power of distancing the art from the world.

The dynamism of Joel Shapiro's sculptures derives mainly from two aspects: the disposition of elements and their colour. The artist begins to paint wood to somehow transform it: colour makes it possible to change the shape, to enrich it with a meaning that would otherwise escape it. An element is made thicker and more voluminous if painted black, for example: the colour modifies our perception of the shape and, consequently, the presence of the material to the observer. In this sense, if the sculpture keeps the memory of the movement, the colour helps to evoke it. The creative process is itself done by becoming: the artist reworks the configuration redesigning the layout of elements until he finds a form that makes sense, since the form, beyond words, means something.

Joel Shapiro's work comes in various techniques and materials: the corpus consists of drawings, sculptures in bronze, iron, plaster, clay and wood. Cast in bronze, wood pieces keep all the details of materials previously worked: the veins, knots and other irregularities are thus fixed in metal, witnesses to a vitality that remains visible. Joel Shapiro's sculptures sometimes take the form of architectural installations: interconnected by wire, nails or screws, the elements composing the work form suspended constellations in perfect and almost ideal balance. The viewer can then enter the space inhabited by the work and roam around.

Though the viewer is undoubtedly free in their perception of the work and can attribute to the shapes whatever they believe they recognize in them, Shapiro's sculptures are not voluntarily figurative: they evoke something without explicitly representing it. What is interesting in his work is that, although not figurative, it is not abstract either. The sculptures are invaded by an attitude, an approach that sometimes recalls an entity without however directly signifying it. It is therefore a sculpture that is vital and full of possibilities that is not the synthesis of anything in particular and which always strives for the vibration in the work: sculptures by Joel Shapiro condense an action, a movement that passes from one element to another and which thus makes it possible to feel the space.

Joel Shapiro was born in 1941 in New York, where he lives and works. He has received awards from the Royal Swedish Academy of Arts in 1994 and the American Academy of Arts and Letters in 1998. In France, the artist was appointed Chevalier des Arts et des Lettres in 2005. In 2013 the United States awarded the prestigious National Art Award for Outstanding Achievement. Among his most important public commissions include those for the Holocaust Memorial Museum in Washington and the Embassy of Ottawa. His works have included numerous international collections such as the MOMA, the Metropolitan Museum in New York, the Centre Pompidou and the Tate Gallery.