Galerie Jeanne-Bucher / Jaeger Bucher

Jean-Paul Philippe 'Archéologies intérieures' (Jeanne Bucher)

Jean-Paul Philippe 'Archéologies intérieures' (Jeanne Bucher)

stèle – balzac ii by jean-paul philippe

Jean-Paul Philippe

Stèle – Balzac II, 1996

l’épouse des crête by jean-paul philippe

Jean-Paul Philippe

L’épouse des Crête, 1992

san galgano by jean-paul philippe

Jean-Paul Philippe

San Galgano, 1995

stèle(s) by jean-paul philippe

Jean-Paul Philippe

Stèle(s), 2011

tryptique by jean-paul philippe

Jean-Paul Philippe

Tryptique, 1993

Thursday, February 9, 2012Saturday, April 7, 2012


Paris, France

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Jean-Paul Philippe 'Archéologies intérieures'
9 février - 7 avril 2012
Vernissage le jeudi 9 février de 18h à 20h

La galerie Jeanne-Bucher / Jaeger Bucher est heureuse de présenter du 9 février au 31 mars 2012 – au sein de son espace rive gauche - une exposition de l’artiste Jean-Paul Philippe intitulée « Archéologies intérieures ».

Fréquentant les ateliers de peinture de Montparnasse puis l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Jean-Paul Philippe se consacre principalement à la sculpture à la suite d’un voyage en Italie qui provoque en lui « un grand choc » minéral ; la pierre, le granite ou le marbre deviennent alors ses matériaux de prédilection, empreints de sensations, d’émotions et de mystères. Près des marbreries de Carrare, Jean-Paul Philippe est l’un de ces artistes-artisans inspirés, capable de faire jaillir en taille directe des formes significatives pour traduire un sentiment de présence. Marqué par la statuaire égyptienne, précolombienne ou encore primitive grecque, il tend à instaurer un dialogue silencieux avec l’espace, la narration d’un mouvement de pensée entre vide et plein, entre essor et méditation.

Exposé à la galerie depuis le début des années 1980, Jean-Paul Philippe interroge les relations de temps et d’espaces, les notions de dimensions, de passage, de mémoire, mais aussi la place de l’homme au sein de notre univers. Ne se réclamant d’aucun groupe, école ou système, il arrive à créer une véritable archéologie intérieure où les rencontres, les échanges, laissent échapper leurs empreintes.

« J’essaie de rester attentif aux pierres et à l’écoute de leurs propositions de pierres, heureux, captif de la bouleversante beauté des carrières, abandonnées ou actives. C’est parfois parmi les blocs silencieux, entre leur masse, que l’air décide et dessine une forme désirée. Il reste à traduire cette apparition, faire de la poussière et sans trahir ce silence minéral. Du bric à brac de la mémoire s’échappent formes et signes, un alphabet intime. Un petit répertoire de formes qu’il faut articuler. J’invente un espace où cherche à s’installer l’histoire que je me raconte. Depuis le Site transitoire, ce qui me tient à cœur, c’est de proposer une promenade, un lieu à traverser, où la forme primordiale où tout se joue ne serait faite que d’air : les pierres, les bornes de cet espace. L’entrée y est libre.» Jean-Paul Philippe, mai 2011.

Un certain nombre d’oeuvres monumentales témoignent de l’ampleur de ses réalisations et de sa particulière attention aux relations temps-espace et de son dialogue avec la matière. Son œuvre mythique, le Site Transitoire, installée sur le site d’Asciano en Toscane où elle a renommé la colline elle-même, se présente comme une installation monumentale en basalte, « une pierre qui épouse parfaitement le lieu », composée de plusieurs (trois ou quatre) éléments qui dialoguent entre eux et avec la nature: un grand siège pour accueillir le passant, une fenêtre orientée pour y recevoir le dernier rayon du soleil, un sarcophage et un labyrinthe. Oeuvre matrice, l’artiste a voulu y «représenter les trois positions du corps, assis, debout, couché. Les limites de l’homme ». Une demeure perchée sur la colline, « et pour toit, la voûte céleste ». Chaque été, au moment du solstice, une création théâtrale ou musicale dialogue avec le Site Transitoire et y réunit 500 personnes.

D’autres réalisations monumentales témoignent d’un même vocabulaire avec les formes de mémoire universelles, telle cette Marelle intitulée Entre Terre et Ciel, La Tour Méridienne constituée de 9 cases de jeu, d’une tour haute de 8 mètres en 7 éléments, d’une barque solaire au milieu d’un bassin et d’une roue brisée en deux; installée initialement près de Viareggio, puis à Anvers, puis dans le Parc Royal de Bruxelles, elle est à présent définitivement installée Rue de la Porte de Namur. La monumentale Marelles, Mémoires et Miroirs composée de 43 blocs de granit façonnés durant un an en Egypte dans les carrières d’Assouan (23 mètres de long par 15 mètres de large) et de deux bassins d’eau se trouve installée dans le Jardin International du Caire. Comme le souligne Jean-Paul Philippe, « Le jeu de marelles est universel, ses règles sont similaires sous toutes les latitudes, seul son dessin diffère selon les époques, les croyances et les civilisations. Chez nous la forme familière que nous lui connaissons, celle de notre enfance, apparaît vers l’an mil. Entre Terre et Ciel, elle s’inspire du plan des églises…Parvis, nef, transept et chœur ». N’oublions pas la dernière œuvre monumentale en date, De l’Eau à l’Air, des boues à l’éther… pour la nouvelle unité de traitement des eaux de la Seine de Paris et sa région installée à Seine-Aval où Jean-Paul Philippe a conçu les murs, pierres et miroirs qui évoquent dans l’espace un diagramme du cycle de l’azote. Le Parc adjacent abrite également une installation de l’artiste intitulée Miroirs du Ciel installée sur site en 2010.

La récente exposition au Musée d’art contemporain de Fernet-Branca à Saint-Louis a permit de montrer une large palette des œuvres de l’artiste à travers une habile scénographie pour mener le visiteur dans l’univers de l’artiste. Notre exposition, plus modeste, se propose de faire découvrir, à travers un choix resserré d’œuvres sculptées, façonnées ou dessinées gravitant autour du Site Transitoire, des Marelles, des Stèles, Sièges ou Piéta, l’œuvre de Jean-Paul Philippe. Proposant un cheminement au sein de la matière - à travers les formes simples du basalte, du granite, du marbre, du bois ou plomb, des miroirs et verres gravés, des toiles de charbon, d’huile, d’acrylique et de pigments, ou encore des boites de conserves brunies par le soleil égyptien… - le visiteur est amené à ressentir une confluence de cœur et pensée, de temps et d’espace, une présence « où notre maintenant entre dans le toujours » comme l’a si bien défini Bernard Noël dans ses mots sur l’artiste.

Cette exposition a été pensée conjointement par Véronique Jaeger et Jean-Paul Philippe pour l’espace de la rue de Seine, prolongeant ainsi l’intérêt initial de la galerie pour cette œuvre exposée par Jean-François Jaeger à plusieurs reprises depuis les années 1980.

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Jean-Paul Philippe 'Archéologies intérieures'
February 9 - April 7, 2012
Opening: February 9, 2012 - from 6pm to 8pm

The Galerie Jeanne-Bucher on the left-bank is pleased to present an exhibition of the artist Jean-Paul Philippe entitled Inner Archaeologies from 9th to 31st February, 2012.

After attending the Ecole Supérieure des Beaux-Arts and studying painting in the Montparnasse quarter of Paris, Jean-Paul Philippe dedicated himself to sculpture. Though influenced by Egyptian, Pre-Columbian and primitive Greek statuary, it was a trip to Italy and the “mineral shock” provoked by the art and architecture of Italy that made him choose stone, granite and marble as his materials of predilection. The sensations and emotions these materials awakened in him have become the source of his art. In the marble yards of Carrare Jean-Paul Philippe is an inspired artist-artisan, carving directly out of the raw stone works of significant form, works that seems to carry on a silent dialogue with space, narrating the motion of thought between emptiness and fullness, between transfiguration and meditation.

Ever since the early 1980s when he began exhibiting at the gallery, Jean-Paul Philippe has been interested in probing the notions of space, of time and the passage of time, of memory and of the place of man in the universe. Beholden to no group, school or system, he is able to embody the inward archaeology of the mind in the outward form of a work of art.

“I try to be attentive to stones and listen to the hints they throw off, enthralled by the overwhelming beauty of quarries, whether abandoned or in use. Sometimes when I am in the midst of these silent, massive blocks of stone, the air “decides” and limns a desired form. I then have to translate the apparition into reality, raise a lot of dust, but without betraying the mineral silence of the quarry. Out of the bric-a-brac of memory emerge forms and signs, an intimate alphabet, a small repertory of forms to be chiselled into shape. I invent a space in which the story I tell myself seeks embodiment. Ever since I completed Site transitoire (Transitory Site), what I have most wanted to do is create a sense of place, a primordial sense of place where the spectator could wander freely and where the air, the stones and the bounds of space would be the main protagonists. Admission is free.”

Several of his monumental works bear witness to the scope of his achievement and to the special attention the artist devotes to space and the dialogue with matter. His mythical work, Site transitoire, installed on a hill near the town of Asciano (which has been re-named after it), is a monumental basalt construction that harmonizes perfectly with its surroundings. It is made up of several elements that dialogue with one another and with nature: a large seat to offer rest to passers-by, a window that captures the last ray of sunlight, a sarcophagus and a labyrinth. In this elemental work, the artist represents the three positions of the body - sitting, standing, lying down - the limits of man. It is a dwelling perched on a hill with nothing but the heavenly vault for its roof where every year, at the summer solstice, five hundred spectators gather for a theatrical and musical performance.

Other monumental creations bear witness to the artist’s engagement with universal forms in a similar vocabulary, such as Entre Terre et Ciel, La Tour Méridienne (Between Earth and Sky, The Meridian Tower). This is a work in the form of a gigantic hopscotch game, made up of nine squares, a tower composed of seven elements eight meters high, a solar boat in the middle of a pool and a wheel broken in two. Originally installed near Viareggio, then at Anvers, then in the Royal Park of Brussels, it is now to be found in the Rue de la Porte de Namur. In a similar vein there is the monumental Marelles, Mémoires et Miroirs (Hopscotch, Memories, and Mirrors) made up of forty-three blocks of granite carved in Egypt over the period of a year in the quarries of Assouan (23 meters long by 15 meters wide) and of two ornamental pools installed in the Cairo’s International Garden. As Jean-Paul Philippe observes, “The game of hopscotch is universal, its rules are similar in all latitudes, only the design differs according to time and place and culture. In Europe the familiar form we know from our childhood was modelled on the layout of churches and first appeared in the year 1000 : the square in front of the church, the nave, transept and choir.” Let us not forget the artist’s latest monumental work to date, De l’Eau à l’Air, des boues à l’éther (From Water to Air, From Mud to Ether), built for a water-treatment plant near Paris and installed at Seine-Aval. The walls, stones and mirrors were designed by Jean-Paul Philippe to evoke a diagram representing the nitrogen cycle. The adjacent park also houses one of the artist’s installations entitled Miroirs du Ciel (Mirrors of the Sky).

A recent exhibition at the Museum of Contemporary Art in St. Louis made it possible to display a wide range of the artist’s works in a clever scenography that led the visitor into the heart of his universe. Our more modest exhibition aims to provide an overview of his work through a careful selection of sculptures and drawings done for the Site transitoire, Marelles, Stèles, Sièges, Piéta. As the visitor winds his way through this collection of forms made of basalt, granite, marble, wood, lead, mirrors, engraved glass as well as charcoal, oil and acrylic drawings (and even tin cans burnished by the Egyptian sun) he will be made to feel a confluence of heart and mind, of time and space, a presence “in which the now enters into the forever,” as Bernard Noël put it so well in his remarks on the artist.

This exhibition was conceived and prepared jointly by Véronique Jaeger and Jean-Paul Philippe for the space in the rue de Seine, the culmination of a relationship between the artist and the gallery that began in the 1980s.