Galerie Jeanne-Bucher / Jaeger Bucher

Hanns Schimansky: jusqu’au bout du jardin ...

Hanns Schimansky: jusqu’au bout du jardin ...

sans titre by hanns schimansky

Hanns Schimansky

Sans titre, 2013

Price on Request

Saturday, September 20, 2014Saturday, November 15, 2014
Opening Reception: Saturday, September 20, 2014, 4 p.m. (EST)

5-7 rue de Saintonge
Paris, 75003 France

La galerie est heureuse de présenter les toutes nouvelles oeuvres de l’artiste Hanns Schimansky dans une exposition intitulée jusqu’au bout du jardin... qui se tiendra dans notre espace du Marais du 20 septembre au 15 novembre 2014. Reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs dessinateurs de sa génération en Allemagne, ses oeuvres sont représentées dans de nombreuses collections publiques et privées, sa notoriété gagne aussi la France. Cette nouvelle exposition permettra à nouveau d’appréhender son univers à travers ses récents dessins dont la série intitulée ‘Orchestre micro-canonique’ exposée récemment à l’Académie des Beaux Arts de Berlin dans une salle dédiée à John Cage. Ces dessins seront complétés de récentes encres sur papier ainsi que d’une série de nouveaux pliages de l’artiste, aux tonalités vives et aux rythmes variés, dont les infinies possibilités de spatialisation et de timbre révèlent une liberté expressive inégalée. Dans leur spatialité et le jeu de tension incessant de la couleur et du trait, ces oeuvres animent le spectateur dans l’expérience sensorielle provoquée par les subtiles nuances de leurs pliages.

À travers ses dessins complexes et abstraits, Hanns Schimansky explore le monde d’une façon très personnelle. Lorsqu’il dessine, l’artiste observe, touche, ressent, approfondit, respire, libère … Il s’attache à explorer le potentiel esthétique du dessin et ses formes d’expression en utilisant toutes ses fonctions d’investigation sur les conditions qui régissent notre perception et reflètent notre existence. Contrairement à la vidéo ou à la photographie, le dessin demande une concentration visuelle plus forte – à l’opposé de nos sociétés gorgées de technologies. Ce medium permet à Schimansky un nécessaire ralentissement opposé au rythme d’un monde médiatique vertigineux et chacun de ses dessins exige d’être examiné avec soin afin de percevoir l’immensité de ce qui se trame dans l’histoire modeste qui s’y déploie.

Schimansky agit en poète, créant sans cesse de nouvelles possibilités linguistiques et rythmiques, le dessin n’étant pour lui, ni un exercice manuel ni une étude préliminaire subordonnée à la peinture. Au contraire, son dessin naît d’un long processus d’observation et d’attention au monde qui l’entoure et d’une nécessité intérieure de silence.

Ligne

La ligne est prédominante dans ces dessins non figuratifs. Spontanée et entièrement libre, elle progresse doucement mais avec force. Ce n’est pas seulement une ligne tracée, mais une ligne vécue, ressentie. Elle pénètre par le bord du papier au pinceau, qu’elle soit au crayon, à la plume ou à la craie. Tremblante, elle cherche un chemin, oscille entre ondulations et courbures à mesure que le crayon roule, se tord, pointe ou dévie sur la feuille de papier. Repoussant toujours plus loin les limites de son dessin, la Nature qui s’exprime n’est pas allégorique mais environnementale puisque l’artiste y puise des évènements visuels qui alimentent ses réflexions qu’il incarne sur papier. Cette aventure du paysage mène Schimansky aussi bien dans des voyages végétaux qu’urbains : sa ligne exploratrice en perpétuelle évolution agit comme un rhizome, se frayant un chemin à travers la terre, évoquant des paysages à la fois physiques et psychologiques, où le végétal est en pleine croissance. On y décèle également le fourmillement de la ville et ses carrefours, ses poteaux et fils électriques, ses signaux et voies ferroviaires qui s’entrecroisent ou de réseaux qui s’assemblent. Les paysages créés dans ce cadre sont pleins de vie et empreints d’une grande liberté ; la ligne qui les anime dégage une force cristalline née d’un cheminement intérieur pour toucher au subtil.

Pliages

L’impression tridimensionnelle se trouve renforcée par les pliages du papier – choisi avec grand soin. Schimansky prépare et travaille ces immenses feuilles en canevas infinis de plis recto/verso, en trames horizontales et verticales produisant, dans leurs pliés, de multiples interstices et espaces cachés dont la couleur amplifie l’énergie graphique d’une coulure ou d’une tache. La ligne qui émerge du papier plié, déplié, quadrillé et celle du trait s’étendent alors au-delà de la feuille de papier dans une tridimensionnalité. Les lignes sinueuses et courbes qu’il crée font alors naître une esthétique basée sur des principes d’irrégularité et de mouvements. Les plis évoquent l’infini de la matière et les inflexions de la pensée ; ils sont les reflets visibles des plis de l’âme et de l’esprit. Les couleurs vives émanant tantôt des plis tantôt des aplats font résonner leurs timbres dans un écho savamment orchestré en nuances : nuances de sons et de teintes, nuances de plis, de trames et de variations sollicitant à la fois l’écoute et le regard.

Souffle/Energie

Avec finesse et clarté, l’artiste crée ainsi un véritable champ d’expansion dans lequel circule l’énergie reliant les formes dessinées.

Tantôt teintées d’un noir intense tantôt vivifiées par la combinaison de rouge et orange vifs, d’un jaune éclatant ou de bleu et vert profonds comme des sources d’énergie dans lesquelles la ligne puise sa vitalité, ces formes transforment alors la feuille de papier en espace tridimensionnel. Diverses, tantôt rondes ou brisées, pointues ou quadrillées de tailles variables, elles occupent la surface de la feuille de papier et lui apportent une réelle dimension d’espace et de profondeur. Hanns Schimansky invite le visiteur à errer et explorer l’espace de sa feuille dans une respiration où les pulsations de l’encre sont à l’image des pulsations du coeur. A l’image de calligraphies asiatiques qui représentent les souffles primordiaux, les dessins de Hanns Schimansky semblent mus par de subtils mouvements d’air, telles des odes poétiques du Pneuma au noble sens grec du terme.

Musique

En ceci, les partitions dessinées mélodiques et rythmiques de Hanns Schimansky répondent à la même exigence que celles du free jazz dont Hanns Schimansky est particulièrement friand. Dans un même exercice de style et une liberté absolue, ces oeuvres répondent à des codes très précis dans une très grande maîtrise du souffle de l’instrument, qu’il soit dessiné ou joué. L’harmonie qui s’en dégage naît de l’imagination exubérante et sans limite de l’artiste mais prend forme dans une technique minutieuse et maîtrisée. Les variations de la ligne incarnent alors les variations d’un son : aigu puis grave, éclatant ou sourd, avec ses pauses et ses reprises, comme une improvisation rythmée d’accents et de ponctuations.

Car l’oeuvre de Hanns Schimansky est une oeuvre à la fois composée de sonorité et de silence ; les bruissements du papier plié et déplié, la plume qui gratte le papier, le point répété avec précision , le trait qui glisse selon des rythmes toujours variables mais qui se répètent sont autant de sons qui constituent l’harmonie des dessins de l’artiste. Ils sont tels des Carpe Diem emplis d’une atmosphère subtile et parviennent à exprimer l’intensité mais également la fragilité de notre existence.




The Gallery is pleased to present new works by the artist Hanns Schimansky with a solo show entitled jusqu'au bout du jardin ... that will take place in our Marais space from September 20 to November 29, 2014. Hanns Schimansky is recognized by his peers as one of the most talented draughstman of his generation in Germany. His work has integrated important collections, both public and private - and his reputation is spreading in France and in Europe as well. This new exhibition is the occasion to capture his approach through recent drawings. It will include the series entitled 'micro-canonic orchestra' recently shown at the Academy of Fine Arts in Berlin in a new room dedicated to John Cage. Along with these drawings, the gallery will present recent inks on paper and a series of new foldings by the artist with vivid tones and variable rhythms. Their spatial and timbre infinite possiblities reveal an unequalled expressive freedom. In the space and the tension between the colour and the line, these works animate the viewer with a sensory experience driven by the subtle shades of the foldings.

With abstract and complex drawings, Hanns Schimansky explores the world in a very personal way. When he draws, the artist observes, touches, feels, deepens, breathes, liberates … He explores the aesthetical potential of drawing in all its forms of expression. The drawings seek to explore the conditions of our perception and reflect our existence. Contrary to video or photography, drawing demands a stronger visual focus - in total opposition to our world filled with technology. With this medium, Schimansky intends to slow down the breathtaking speed of our media-centred world. Each of his drawings demand to be examined carefully so that we can perceive the immensity of what lies within the humble story that unfolds.

Schimansky is a poet - continuously creating new linguistic and rythmic possibilities. Drawing with Schimansky is neither a manual exercise nor a preliminary study subject to painting. On the contrary, his drawings result from a long process of observation of his environment - and is also the result of a necessary inner silence.

Line

The line is very important in his non figurative drawings. Spontaneous and free, it grows slowly but with strength. It is not only a line traced on paper, but a line experienced and felt. It enters from the edge of the paper whether with a brush, a pencil, a feather or a chalk. Trembling, it searches a path, oscillates between undulations and curves. The pencil rolls, wrings, marks off or drifts on the sheet of paper. Always pushing back further the limits of his drawing, the Nature which is expressed here is not an allegory but is mainly environmental as Schimansky collects from his environment visual occurences which nurture the reflexions he develops later on paper. This adventure of the landscape leads Schimansky towards a vegetal but also an urban journey. His explorative line is perpetually growing like a rhizome, working its way through earth, evoking physical as well as mental landscapes where nature seems in full bloom. One can also detect the buzz of a city with its crossroads, poles and electric wires, signs and railroads that cross each other or networks that come together. The landscapes thus created are full of life and imprinted with great freedom. The line animating them releases a crystalline force that stems from an inner journey.

Foldings

The tridimensional impression is reinforced by foldings of the paper - chosen with great care. Schimansky prepares and shapes these vast sheets in an infinite framework of recto/verso foldings. These horizontal and vertical frameworks create multiple interstices and hidden space where colour amplifies the graphic energy of a drip or a stain. The line that emerges from the folded, unfolded and square-patterned paper and the pencil-line extend beyond the sheet of paper in a tridimensionality. Sinuous lines and curves drawn by the artist result in an aesthetic based on principles of unevenness and movement. Foldings suggest the infinity of matter and the inflexions of the mind. They are the visible expressions of the folds of soul and spirit. The vivid colors spreading from the fold itself or from the wide tinted surface form an echo, resonating with nuances : shades of sounds and tints, shades of folds, shades of maze-like frameworks and variations which call as much to the ear as to the eye.

Breath/Energy

With delicacy and clarity, the artist creates a field where the energy connecting the forms drawn can expand.

Either tinted with an intense black or invigorated by a combined vivacious red and orange, a dazzling yellow or a profound blue or green, these forms transform the paper sheet into a tridimensional space. Being diverse - round, broken, sharp or square-patterned with variable dimensions, these forms fill the surface of the sheet and give a real sense of space and depth. Hanns Schimansky invites the viewer to wander and explore the space of this sheet in a meditation where the ink seems to beat a rhythm similar to that of the heartbeat. Like Asian calligraphies calling for a unique Breath, Schimansky’s drawings seem moved by subtle movements of air such as poetic odes to pneuma - in the noble sense of the greek term.

Music

In this respect, the melodic and rythmic drawn partitions are similar to those of free jazz, so much loved by Hanns Schimansky. His drawings express the absolute freedom, characteristic of free jazz, and yet they respond to very precise codes in an absolute mastery of breath, whether drawn or played. The harmony springs out of the luxuriant imagination of the artist. But they are the result of a meticulous and controlled technique. The variations of the line incarnate the variations of a sound: high-pitched then deep, resounding or deaf, with its pauses and replays, just like an improvisation cadenced by accents and punctuations.

The oeuvre of Hanns Schimansky is composed as much of sonorities as it is of silences: the rustles of the paper folded and unfolded, the ink-pen scratching the paper, the dot repeated forever with precision, the line sliding in variable rythms are all sounds which contribute to the harmony of the artist’s drawings. They are Carpe Diem filled with a subtle atmosphere and express the intensity as much as the fragility of our existence.

Hanns Schimansky decides in 1979 to devote his career to art and solely to drawing. His work is shown in a number of group shows in Europe - especially in Germany. His work has also been the subject of important solo exhibitions notably at the Gemeentemuseum in The Hague, at the Staatliche Kunsthalle in Karlsruhe or at the Museum of Art ans History in Neuchâtel, Swirtzerland. In 1996, he won the Graphic Arts Prize of the Dresden Art Fair. In 1997, he became a member of the Academy of Fine Arts of Berlin. He is honored with the Felix Hollenberg Prize for Etching of Albstadt. He recently won the Theo Richter Prize from the Sächsische Akademie der Künste of Dresden, in 2012. Schimansky’s work has integrated important public collections such as the National Museum of Contemporary Art of Oslo, the Berlinische Galerie, the Museum of Modern Art of Berlin and the Museum of Art and History of Neuchâtel, Switzerland. Recently, the artist presented his drawings in an exhibition entitled « Mikrokanonisches Orchester » at the Leonhardi Museum in Dresden, Germany. The exhibition jusqu’au bout du jardin … is the second solo show of Hanns Schimansky at the gallery.