Galerie Jeanne-Bucher / Jaeger Bucher

Antonella Zazzera 'Trames de lumière'

Antonella Zazzera 'Trames de lumière'

2 segniche mostra cattani by antonella zazzera

Antonella Zazzera

2 Segniche mostra Cattani

Price on Request

Saturday, March 8, 2014Saturday, April 26, 2014

Galerie Jeanne Bucher
Paris, France

Antonella Zazzera 'Trames de lumière'

du 8 mars au 26 avril 2014

Galerie Jaeger Bucher, 5&7 rue de Saintonge, 75003 Paris

Carte blanche à Frédéric Jaeger qui présente
Antonella Zazzera

« L’Ombrie, c’est d’abord une terre.
Terre des hommes et terre des saints.
Qui nourrit le ventre, qui nourrit l’esprit.
Terre d’histoire.
Terre-mère aussi,
De collines protectrices en ouvertures sur l’infini.
Terre de contrastes, pays d’ombre et de lumière.
Entre forces telluriques et énergie céleste.
A la croisée des mondes. »

Antonella Zazzera est née là, face à Todi. Ses yeux d’enfant posés sur ce tableau grandeur nature. Depuis toujours elle regarde ce paysage, inlassablement sculpté par les changements du temps et les variations de lumière, observe le sillon laissé par l’homme et sa machine. C’est son terroir.
Fille d’agriculteurs, elle a les pieds bien ancrés au sol mais déjà la tête dans les étoiles. La nature tout entière est son terrain de jeu. Elle vit dans son propre monde, joue avec les reflets du soleil dans un bol d’eau. Lui apparaît bientôt comme une évidence la nature profonde de son être. Et l’artiste en herbe de partir à la découverte des champs du possible…

Le crayon et le pinceau deviennent ses premiers compagnons de route. Prolongements naturels de son bras, de sa main. Elle laisse sa trace sur le premier support venu, comme les premiers hommes dans l’art rupestre.
Ses Reliefs du début tiennent des graffitis de Brassaï et des Murs de Dubuffet. Ils devancent la série des Mères matrices, travaux les plus aboutis de cette période de recherche.
Elle multiplie en parallèle les expérimentations. La sensibilité de la pellicule photographique lui révèle un langage de signes invisibles à l’oeil nu mais figé dans un espace-temps donné. Elle veut retranscrire cette découverte dans un langage plus dynamique qui la pousse vers la tridimensionnalité. Elle cherche l’entrée, trouve son fil conducteur : le cuivre.

lle fabrique un châssis clouté qui délimite la forme autour duquel s’articule le précieux métal rouge qui, dans un rythme de va-et-vient rituel et sanguin entre les différents points du relevé donne naissance à la vie. Strate après strate, la sculpture prend du poids, le temps fait son oeuvre, la sédimentation opère. La trame ainsi produite devient réceptacle des forces d’en bas et des forces d’en haut. Le corps de l’artiste devient lieu de passage, son ventre, carrefour des énergies.

Antonella Zazzera se retrouve ainsi au coeur de la création. L’oeuvre produite est contrôlée, maîtrisée par la pensée et tout à la fois animée par une force intérieure, instinctive et mystérieuse qui obéit à ses propres règles. Equilibriste sur son fil, à l’image de Vieira da Silva, elle croise ses mailles avec patience et obstination, comme une araignée tisse sa toile. L’oeil aux aguets, elle traque le moindre rayon : la lumière est son aliment. La sculpture devient tamis, l’artiste, chercheur d’or.

La technique s’affine, la matière première se diversifie : l’artiste joue sur les variations de couleur, les épaisseurs de fil et les effets vibratoires provoqués par la multiplication des lignes pour produire chaque fois des sculptures à forte charge, à haute tension.

Elle nomme ses oeuvres Harmoniques qui renvoient au monde musical et l’on se prend à lire son oeuvre comme on déchiffre une partition, avec ses clefs, ses rythmes et sa portée. Des gammes du départ jusqu’à l’état de transe.

Une fois ce long travail d’élaboration terminé, le châssis à clous est éliminé, la tension accumulée au fil des semaines se libère d’un coup, l’oeuvre façonnée une dernière fois par la main de l’artiste atteint sa plénitude en accord parfait avec le monde environnant.

En musique, on obtient un son harmonique – sorte d’état secondaire de la note - par une tension atténuée du doigt sur la corde…

Antonella Zazzera est liée à sa terre d’origine. L’enracinement est total et le couple fonctionne à l’unisson. La série Naturalia évoque des nids d’oiseaux. Un jour, l’artiste ramasse dans son jardin un nid fabriqué avec des rebuts de fil provenant de ses propres sculptures. La boucle est bouclée…

La sculpture d’Antonella Zazzera prend une dimension universelle. Elle amène l’homme à retrouver sa place, à renouveler son dialogue avec la Nature et donc avec lui-même, dans le monde réel. Notre vision ne s’arrête plus au savoir, elle le dépasse et nous pousse vers une quête de connaissance et d’absolu.

Frédéric Jaeger

L’exposition personnelle que lui consacre la Galerie Jaeger Bucher du 8 mars au 26 avril 2014 est, pour l’artiste, l’occasion de montrer pour la première fois ses oeuvres au public français.

Un catalogue trilingue (français, italien, anglais) sera publié à l’occasion de cette exposition, comprenant des textes de Enrico Castellani, Frédéric Jaeger et Federico Sardella.