Galerie des Modernes

Joël Kermarrec
Trois moments de dessins : « Hypnos », « Épiméthée » et « l’Ange »

Joël Kermarrec
Trois moments de dessins : « Hypnos », « Épiméthée » et « l’Ange »

epiméthée by joël kermarrec

Joël Kermarrec

Epiméthée, 2012

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messagers by joël kermarrec

Joël Kermarrec

Messagers, 2013

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hypnos morose devant la tentative de fabrication du dodécaèdre par le « grand ange à face noire » by joël kermarrec

Joël Kermarrec

Hypnos morose devant la tentative de fabrication du dodécaèdre par le « Grand Ange à face noire », 2011

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Friday, September 20, 2013Saturday, October 5, 2013


Paris, France

La GALERIE DES MODERNES est heureuse de vous annoncer sa prochaine exposition :
Joël KERMARREC, Trois Moments de dessins : "Hypnos", "Epiméthée" et "L'Ange"

Du vendredi 20 septembre au samedi 5 octobre 2013.
Le lundi et le samedi de 14h à 19h. Du mardi au vendredi de 11h à 13h et de 14h à 19h.

Vernissage le jeudi 19 septembre de 17h à 22h.

« Hypnos morose devant la tentative de fabrication du dodécaèdre par le « Grand Ange à face noire »(1), celui-ci a pourtant, les outils, le savoir-faire, le savoir ; il lui manque la clef et les nombres. L’Ange, comme « la grosse servante affalée »(2), a l’innocence inerte du chien. La pierre - la clef - au cœur de la pierre le E de Delphes.» - Joël Kermarrec, 2011
(1) Jules Michelet, Histoire de France au XVIe siècle. Réforme, 1855.
(2) Roger Caillois, Trois leçons des Ténèbres, 1978.

A travers ces « moments de dessins », Joël Kermarrec nous entraine dans son univers artistique, culturel et philosophique. Cet univers, riche, complexe et énigmatique, se caractérise par une intertextualité ambivalente. « Hypnos » dieu du sommeil, « Epiméthée » créateur des animaux sur terre (frère déraisonnable de Prométhée) et « l’Ange » messager sont-ils vraiment les protagonistes de cette exposition ou bien seulement des métaphores faisant référence aux obsessions de l’artiste ?

« Hypnos », « Epiméthée » et « l’Ange » sont loin d’être des illustrations. Ces figures mythiques issues de notre histoire culturelle occidentale deviennent ici des figures de style, en d’autres termes, des allégories qui pourraient être les variations d’un même thème : la vanité, et notamment la vanité des sens, qui entraine la mélancolie.

Le dodécaèdre qui apparaît régulièrement dans le travail de l’artiste est une citation directe à la fameuse gravure de Dürer « Melencolia ».

Quant à « Hypnos » - Pinocchio que l’on retrouve représenté de manière récurrente, affublé d’ailes à la place d’oreilles et d’une estompe pour nez, c’est une créature hybride qui synthétise les inquiétudes de l’artiste : Kermarrec puise dans ses références pour au final en fabriquer un monstre moqueur de la connaissance qui incarne à merveille autant le mensonge, la déception, et l’ironie cynique, correspondant aux divers états de son rapport à la réalité.

Ces « anti-compositions » accumulent plans de couleurs primaires, polyèdres, plumes, croissants de lune, clefs : « Dans ce corpus fini d’objets, de signes, de traces et de taches qui jalonnent ces dessins, aucune hiérarchie ni aucun ordre ne prévaut. […] A l’image de la suite ou à celle de la série, [Kermarrec] préfère celle du cycle pour caractériser ses œuvres, qui mettent en jeu une constante circulation des formes. Face à ces dessins, le trouble naît d’une impression de familiarité, voire de reconnaissance des motifs qui, sous leurs airs d’indices et de balises, fonctionnent comme des faux repères qui, au lieu de guider le regard, achèvent de le perdre.» (Camille Debrabant, in cat. de l’exposition « Ardoises, petits papiers &… », ENSBA, Paris, Carnet d’études 8, 2007).

L’œuvre de Kermarrec a fait couler beaucoup d’encre, car celle-ci dérange, décourage et fascine. Il ne suffit pas d’identifier le réseau de citations présent dans ces dessins : le spectateur doit s’efforcer de lire entre les lignes afin de décoder leur énigme.

« Trop rarement envisagées sous le jour d’un même éclairage, ces nombreuses facettes interrogent autant l’image que la forme, le dessin que la couleur, mais aussi le texte et la pensée dans leur double statut de citations et d’aphorismes poétiques. » - Paul Cabon, in « Kermarrec Als ik kan », Ed. Au même titre, 1997.