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GIDEON RUBIN: Last Year's Man    Apr 13 - Jun 1, 2013

Blue Suit
Gideon Rubin
Blue Suit, 2013
 
Class of 1931
Gideon Rubin
Class of 1931, 2013
 
Girl in Black Dress
Gideon Rubin
Girl in Black Dress, 2013
 
Hands
Gideon Rubin
Hands, 2013
 
Striped Knickers
Gideon Rubin
Striped Knickers, 2013
 
Untitled
Gideon Rubin
Untitled, 2013
 
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GIDEON RUBIN
Last Year’s Man

13 avril 2013 – 1er juin 2013
Vernissage : 13 avril 2013

La galerie Karsten Greve a le plaisir de présenter l’exposition Last Year’s Man dédiée à l’artiste Gideon Rubin. L’exposition rassemble de nombreuses peintures récentes ainsi qu’une vidéo réalisée en 2011, projetée sur l’une des toiles. Les œuvres exposées montrent des portraits anonymes aussi bien que des vues de paysages : il s’agit de deux typologies de sujets qui, quoique différentes, amènent le spectateur dans une dimension intimiste et introspective. L’individu, réduit à un corps sans visage, est au centre du travail de l’artiste : privés de toute identité physionomique, les personnages de ses portraits laissent carte blanche à l’imagination de l’observateur. L’aveugle inconnu se fait alors miroir de chacun et acquiert ainsi une valeur universelle. Cet aspect est également évoqué par le titre de l’exposition qui renvoie à une chanson de Leonard Cohen, auteur que Gideon Rubin écoute souvent pendant son travail. Le protagoniste de la chanson est un homme assis, suspendu dans le temps de la mémoire, trempé sous la pluie et sans visage : voici l’homme de l’an passé, renfermé dans son mystérieux anonymat, dont on ne connaît rien et dont l’histoire ne peut qu’être imaginée.

Le genre du portrait abstrait fascine Gideon Rubin depuis longtemps : réalisant des portraits d’inconnus, de célébrités ou encore de personnalités du monde de l’art dont le visage est effacé ou bien caché, l’artiste propose à l’observateur une image ouverte à l’interprétation. Le peintre vise à ce que ces portraits et silhouettes sans visage évoquent chez le spectateur des souvenirs de personnes connues, croisées jadis et ailleurs. Dans ce sens, plus l’image réalisée est simple et presque banale, mieux c’est : seule l’absence explicite de narration laisse la place à la liberté d’interprétation, qui accorde une histoire à l’image et un visage aux silhouettes. De cette manière, les portraits anonymes acquièrent une multitude d’identités et se font ainsi un, personne, et cent mille.

Pour ses portraits, Gideon Rubin s’inspire d’abord des photographies des années 40 qu’il trouve dans des marchés aux puces ou sur eBay, leur version contemporaine. Plus récemment, l’artiste trouve d’autres sources d’inspiration remontant aux années 50, 60 et 70 : il s’agit du monde des célébrités, avec ses magazines débordant de visages en pose et d’instants volés à l’intimité des stars, ou encore des protagonistes du monde de l’art. Si parfois l’artiste place ses sujets dans des situations permettant une quelconque contextualisation, comme c’est le cas dans Canoe, le plus souvent il évite tout environnement extérieur, comme dans Untitled (back). Dans les portraits les plus récents, l’artiste décide également de réduire les coordonnées permettant de situer les sujets dans le temps : cela permet de placer les portraits dans une intemporalité qui laisse encore plus de liberté à l’imagination du visiteur. L’observateur est ainsi poussé à mettre en valeur les détails normalement survolés par un regard qui est avant tout attiré par le visage, ici absent. La posture, les vêtements et la coiffure des sujets acquièrent ainsi un rôle essentiel, tout comme les ombres qui arrivent parfois à habiller le corps plus que les vêtements. Par le manque de visage, ces détails ne sont plus seulement des accessoires mais deviennent des traits caractéristiques permettant de déclencher la narration autour des sujets.

La pratique des portraits abstraits de Gideon Rubin est également liée à l’histoire de ses ancêtres. D’origine israélienne, une partie de sa famille quitte l’Europe à cause de la Deuxième Guerre Mondiale. Cette migration efface les traces de sa famille sur le vieux continent, traces qui disparaissent ou se perdent. La notion d’anonymat n’est donc pas seulement un thème récurrent dans l’œuvre de Gideon Rubin, mais aussi un concept profondément enraciné dans son histoire personnelle. Les effacements des visages ainsi que la quête de l’anonymat dans ses travaux doivent être considérés aussi en rapport à cette forme de nostalgie : dans ce sens, l’obsession pour les visages anonymes répond aussi au besoin profond de remplir ses propres portraits de famille.

Outre ces nombreux portraits, l’exposition présente des peintures de paysage qui tendent à l’abstraction. Pour ces toiles, où même l’être humain anonyme disparaît, Gideon Rubin utilise des teintes sable qu’il applique par larges touches. Souvent le support, à savoir la toile, apparaît dans ces travaux et se fait partie intégrante de l’image. Aux endroits où la couleur devient plus rare, on reconnaît le mouvement de la touche ainsi que son intensité : cette trace du geste de l’artiste éloigne l’œuvre d’une représentation réaliste et laisse la place à un minimalisme à la fois essentiel et envoûtant. Le contraste entre toile brute et peinture soulève une stimulation tactile : on aurait presque envie de toucher le tissu et la couleur, là où les deux matières coexistent. Fortement évocateurs, les paysages réalisés par Gideon Rubin sont des évocations de lieux plutôt que de véritables représentations d’endroits existants : c’est le cas de Osea Island, où la vue sur la plage devient l’image d’un souvenir ou bien d’un rêve. Dans ces œuvres, la fidélité au réel n’a en effet plus aucune importance par rapport à l’appropriation personnelle du lieu de mémoire, que Gideon Rubin réalise avec une peinture délicate, intimiste quoiqu’universelle et toujours charmante.

Gideon Rubin est né en Israël en 1973. Il a étudié à la School of Visual Arts à New York et à la Slade School of Fine Arts à Londres où il a obtenu son diplôme en 2002. Des nombreuses expositions personnelles internationales lui ont été consacrées dès 1999. Ses œuvres sont inclues dans des importantes collections privées, entre autres à Londres, Hong Kong, New York et Paris. Gideon Rubin vit et travaille à Londres.

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GIDEON RUBIN
Last Year’s Man

April 13th – June 1st, 2013
Opening: April 13th, 2013

The Karsten Greve Gallery is pleased to present the exhibition, Last Year’s Man dedicated to the work of the artist Gideon Rubin. The exhibition brings together numerous recent paintings as well as a video made in 2011 that is projected on to the canvasses. The works being exhibited show anonymous portraits as well as landscapes. These represent two typologies of subject, which though different, draw the viewer in to an intimate and introspective dimension. The individual, reduced to a body and a face, is at the heart of the artist’s work. Deprived of any physiognomic identity, the characters of these portraits give free reign to the spectator’s imagination. The blind stranger is thus a mirror of each one of us and so acquires a universal value. This aspect is also evoked in the title of the exhibition that refers to a song by Leonard Cohen, who Gideon Rubin often listens to while working. The character in the song is a man sitting down, suspended in time and memory, soaked with rain and without a face: here is last year’s man, shut up in his mysterious anonymity, of whom we know nothing and whose history may only be imagined.

The abstract portrait genre has fascinated Gideon Rubin for a long time. By producing portraits of unknown people, celebrities and personalities from the art world whose faces are erased or well hidden, the artist is offering the observer an image that is open to interpretation. The painter is aiming to evoke souvenirs of people we have known or that we have bumped into here and there with these faceless portraits and silhouettes. In this sense, the simpler and more banal the image is, the better. Only the explicit absence of narrative allows for freedom of interpretation, which grants a history to the image and a face to the silhouettes. In this way, these anonymous portraits acquire a multitude of identities and thus make one, nobody or one hundred thousand.

For his portraits, Gideon Rubin draws on photographs of the 1940’s that he finds in flea markets or on eBay, the modern version of flea markets. More recently, the artist has found other sources of inspiration from the 1950’s, 60’s and 70’s. These include the world of celebrities from magazines full of posed faces and snatches stolen from the intimate lives of stars, or protagonists from the art world. Though the artist does occasionally place his subjects in situations that provide some kind of contextualisation, as in the case of Canoe, more often than not he avoids all exterior environment as in Untitled (back). In his most recent portraits, the artist likewise chooses to reduce any references that would allow one to place the subjects in time. This makes it possible to place the portraits in a kind of timelessness that grants the viewer even greater freedom of imagination. The observer is thus driven to ascribe greater importance to the details that are generally just glanced at, as the regard would normally be drawn to the face, which is absent here. The posture, the clothing and the hairstyles of the subjects thus acquire an essential role, just like the shadows, which at times clothe the body more than the clothing does. Given the lack of faces, these details are no longer just accessories but become characteristic traits that make it possible to launch a narrative around the subjects.

Gideon Rubin’s abstract portrait practice is also tied to the history of his ancestors. Of Israeli origins, part of his family left Europe because of WW2. This migration erased the traces of his family on the old continent; traces that disappeared or were lost. The notion of anonymity is not just a recurring theme in his work, but a concept that is profoundly rooted in his personal history. The rubbed out faces and the quest for anonymity in Gideon Rubin’s work should also be considered in terms of this kind of nostalgia. In this sense, the obsession for anonymous faces also responds to his profound need to fill in the portraits of his own family.

Apart from the numerous portraits, the exhibition presents landscape paintings that tend toward abstraction. For these canvasses, where even the anonymous humans disappear, Gideon Rubin uses sand tones that he applies in broad strokes. The support, in this case canvas, is often exposed in his works and becomes an integral part of the image. In the places where colour becomes more rare, we recognise the movement of the stroke as well as its intensity. This trace of the artist’s gesture distances the work from realistic representation and leaves room for a kind of minimalism that is both essential and entrancing. The contrast between raw canvas and paint arouses a tactile stimulation. One is almost tempted to touch the material and the colour in the places where they co-exist. Gideon Rubin’s landscapes are powerfully evocative and are revocations of places rather than true representations of existing sites. This is the case of Osea Island where the view of the beach becomes the image of a memory or that of a dream. In these works, faithfulness to reality no longer has in fact any importance with respect to the personal appropriation of the memory of place, which Gideon Rubin treats with a delicate, intimate and yet universal stroke that is always charming.

Gideon Rubin was born in Israel in 1973. He studied at the School of Visual Arts in New York and at the Slade School of Fine Arts in London where he was awarded his diploma in 2002. He has had numerous international one-man shows since 1999. His works are included in major private collections in London, Hong Kong, New York and Paris among others. Gideon Rubin lives and works in London.

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