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Mat Collishaw (Solo show)/ Andrea Mastrovito et Jeanine Woollard (Travaux récents)
25-28 mars 2011
Vernissage le jeudi 24 mars à partir de 18h30
Intemporel et immémorial, le dessin a été la forme première d’expression artistique
humaine, première en termes ontologiques et première aussi pour chacun d’entre
nous. Depuis Segni e Disegni (1993), grande exposition de dessins proposée à Analix
Forever par le commissaire italien Gianni Romano (Segni e disegni, 1980-1993, a cura
di Gianni Romano, éditions ArtStudio, 1993), la galerie s’est continuellement
intéressée au dessin, pour sa simplicité d’abord - la plus petite distance possible entre
l’artiste et son medium -, pour son infinie complexité ensuite.
En 2010, la galerie a inauguré un espace intitulé Dessins, etc... dans lequel on trouve
une sélection évolutive de travaux sur papier, quelques trésors oubliés, des dessins
d’étudiants devenus des artistes reconnus, mais aussi des pièces toutes récentes.
L’espace accueille aussi des artistes qui y élisent domicile pendant quelques jours
pour dessiner, suivant la tradition de résidence d’artistes de la galerie.
En 2011, Analix Forever rejoint Drawing Now Paris avec trois artistes emblématiques
de la galerie, Mat Collishaw (solo show), accompagné de Jeanine Wollard et Andrea
Mastrovito, et se réjouit de présenter leurs travaux aux spécialistes, fins connaisseurs et
amateurs du dessin, aficionados souvent discrets voire secrets que sont les visiteurs de
ce Salon.
Mat Collishaw (né en 1966), artiste britannique issu du groupe des “YBA”, fort d’une
renommée internationale mais encore peu présent sur la scène française, « the master
of illusions » comme on l’appelle en Angleterre, pour ses installations vidéos, est aussi
un fin dessinateur. Les dessins présentés, inspirés d’anciens livres, d’anciennes
planches médicales, synthétisent la notion d'horreur délicieuse : c'est le même coup
de crayon qui dessine la beauté et l'horreur - la boursouflure de la tumeur et la finesse
du sourire. Conjuguant une présentation singulière du dessin et de la vidéo,
Collishaw, aussi inspiré par les splendeurs de l’histoire de l’art qu’il l’est par les
horreurs de celle de la médecine, « anime » la célèbre aquarelle d’Albrecht Dürer, La
Grande Touffe d'Herbes (1503, aquarelle, 41 x 32 cm) qui devient The Whispering
Leaves . En redessinant des images proches mais décalées, en les animant sur écran, en dissimulant l’écran dans un cadre comme une aquarelle d’autrefois… l’artiste
manipule le regard du spectateur, surpris de voir La Grand Touffe d’Herbes onduler
dans le vent qui ne semble pourtant pas souffler pas dans les couloirs du Salon…
Comme l’écrit si bien Richard Leydier (http://dessinsetc.wordpress.com/), « le dessin
est le vecteur d’une fulgurance de la pensée, sa transcription immédiate en images. Il
relève communément du fantasme et du rêve. Il ouvre une fenêtre sur tous les registres
de l’inconscient, du mot d’esprit à l’inquiétante étrangeté ».
Andrea Mastrovito (né en 1978), enfin, est un artiste italien dont le principal matériau
de travail est le papier qu’il aime à plier, découper, photocopier, filmer... lorsqu’il
n’en fait pas un usage plus classique, avec le dessin qu’il maîtrise remarquablement.
C’est en effet la même main qui déploie une énergie vitale et débordante dans une
série-hommage à un groupe de rock adulé ou qui esquisse des scènes de guerre sur
des centaines de feuillets pour in fine réaliser une animation vidéo d’une rare finesse,
figurant à la fois la plus grande violence et une dérision que seul le dessin permet dans
ce cas. Andrea Mastrovito est également l’auteur de délicats dessins érotiques, dans la
grande tradition classique des artistes qu’il admire et dont il suit vaillamment les
traces… Jeanine Woollard (née en 1978) est une artiste britannique que la galerie soutient
depuis le terme de ses études. On connaît bien ses installations et ses autoportraits
mythologiques, dans lesquels l’artiste reconstitue une réalité factice avec les objets qui
l’environnent. Notre regard fait le reste, et l’illusion recréée est parfaite. Les dessins de
Jeanine Woollard, outre leur remarquable finesse, complètent avec humour sa
production plastique : si elle utilise un pommeau de parapluie en guise de pied dans
une installation, elle va lui réserver le même emploi fantaisiste dans son dessin. Sa
délicate production sur papier révèle ainsi une grande inventivité teintée d’onirisme.
La réalité n’est jamais donnée comme telle...
Le dessin, parce qu’il se confond avec le plan du mur, demeure dans un espace virtuel
qu’on identifie à la psyché de l’artiste ; un espace de « l’entre-deux », comme si
l’oeuvre n’était pas encore vraiment venue au monde. Curieusement, ce maintien du
dessin dans ce qu’on pourrait appeler les « limbes de la pensée » le protège en
quelque sorte du jugement critique.
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