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Philippe Decrauzat (Paris Space I & II)    Mar 27 - May 1, 2010

PHILIPPE DECRAUZAT - exhibition view
PHILIPPE DECRAUZAT - exhibition view
 
  
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Philippe Decrauzat
27.03.2010 - 01.05.2010

La galerie Praz-Delavallade est heureuse d’annoncer la troisième exposition personnelle qu’elle consacre à l’artiste suisse Philippe Decrauzat.

La première salle de l’espace de la rue Louise Weiss est occupée par une installation composée de cinq toiles provenant d’un développement ondulatoire continu coupé en cinq séquences différentes: cinq shaped canvas. Le châssis suit l’ondulation du motif, mais en partie seulement, sur ses côtés, il est tranché net. Comparée aux tableaux de la même série: la logique déductive n’est plus conservée, le châssis n’est déduit du dessin qu’en partie. Chacune des toiles est comme une séquence, l’extrait d’un tracé plus long. Elles sont ensuite permutées et disposées dans l’espace de façon non continue. Philippe Decrauzat formalise l’illusion à travers l’utilisation d’un motif ondulatoire, cinétique issu du vocabulaire de l’Op art qu’il combine aux shaped canvas de grand format. Il engage ainsi le spectateur physiquement en l’immergeant dans une expérience perceptive qui le place dans une véritable déconstruction, un arrêt sur image.
Dans la disposition des toiles, la façon d’envisager les tableaux est proche du montage cinématographique et révèle l’intérêt de l’artiste pour le film expérimental et les technologies de la vision.
Or, la notion de la réception est au coeur des problématiques de ce cinéma. C’est d’ailleurs ce que Philippe Decrauzat explore dans son troisième film présenté dans la seconde salle.

‘‘screen-o-scope’’ - film 16mm. 4min15s. Noir & blanc silencieux Comme dans ses films précédents, il construit son film sans caméra, c’est-à-dire à partir d’images provenant d’autres sources, ici, Rashomon de Akira Kurosawa (1950) dont il extrait des séquences qu’il remonte ensuite. Rashomon développe une narration non linéaire dans laquelle on explore différentes versions et interprétations d’un même événement: un crime. Les images choisies sont issues du moment où se déclenche le récit. L’action se situe dans le cadre d’une forêt, la caméra fixe le soleil à travers les arbres. Ces plans sont utilisés dans le film de Kurosawa comme transition et marquent un changement d’état: passage du conscient à l’inconscient pour le personnage féminin, retour en arrière pour les témoins. Philippe Decrauzat utilise ces plans où la caméra fixe le soleil à travers des arbres pour les retravailler: les contrastes sont poussés, les nuances gommées pour arriver à un rapport plus graphique, plus abstrait. Ces plans rassemblent certaines des préoccupations de l’artiste et son intérêt pour la pulsation lumineuse et n’est pas sans rappeler les circonstances dans lesquelles Brion Gysin a eu l’idée de la Dream Machine. Le montage crée ensuite un effet stroboscopique, une pulsation syncopée qui implique le spectateur au niveau de la perception de façon physique (effet flicker)
L’éblouissement, l’expérience même de regarder le soleil a toujours été liée à l’étude des phénomènes visuels et du fonctionnement de l’oeil. Ces plans de Rashomon convoquent une histoire de la vision qui prend comme base d’expérimentation, l’observation du soleil et renvoie au processus même de la projection cinématographique.

Dans le second espace de la galerie, rue Duchefdelaville, Philippe Decrauzat reprend cette partition de variations lumineuses (du noir au blanc et du blanc au noir) dans une série de toiles rayées. Par un effet de dégradé, comme par l’ajout de calques allant du noir au blanc, il formalise une transition visuelle, un mouvement. Une sculpture monumentale: Man The Square est présentée en parallèle. Il s’agit d’un plan incliné traversé par un trou dont le motif provient d’une planche photographique de Muybridge où le personnage en sautant s’accroche aux fils qui composent la grille pour mesurer le mouvement, créant ainsi une distorsion dans la structure. Comme souvent dans son travail, il s’intéresse aux éléments à la frontière entre deux et trois dimensions. Le titre Man The Square est une référence à un document de Claude Bragton étudiant également le passage d’un élément en volume au travers d’une surface.

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Philippe Decrauzat
March 27 - May 1, 2010

Praz-Delavallade is glad to announce the third one-man show of the Swiss artist, Philippe Decrauzat.

The first room in the rue Louise Weiss gallery displays an installation consisting of five canvasses extracted from an undulating continuum divided into five different sequences: five shaped canvasses.
Indeed, the frame of the canvas proper follows the undulation suggested by the motif, but only up to a point, since the sides are sharply cut off. Comparing these to the corresponding series of paintings, it appears that the deductive logic governing the forms is abandoned, the frame is deducted from the pattern only for part of it. Each of these canvasses represents an excerpt from a longer sequential line. They are placed in the space out of order, in a break with continuity. Philippe Decrauzat stresses the illusion through an undulatory motif borrowed from op art as applied to his big scale Shaped Canvasses. As a result, the viewer finds himself physically involved through immersion in a perceived experience that situates him an authentic de-construction, a kind of freeze frame shot.
The way the artist displays the works in the space and the concept of the paintings itselves is close to motion picture editing technics and point to Philippe Decrauzat’s interest in experimental movies and optical technologies.

As a matter of fact, the concept of perception lies at the core of that kind of cinematography, and this is too, indeed, what Decrauzat explores in his third film shown in the second room.

“screen-o-scope - film 16mm. 4min15s. B/W, silent
As in his previous films, Decrauzat uses no camera. He works from images excerpted from sundry sources. Here, he draws from the motion picture Rashomon, by Akira Kurosawa (1950), extracting pictures he will use in a different context. Rashomon consists of a time-warped narration, in which versions of the same event, a crime, as perceived by diffrent witnesses, are retold. The images chosen by Decrauzat come from the key scene of the film. These take place in a forest, with the camera focusing on the shining through trees. In Kurosawa’s film, these views serve as a transition to indicate a change: passing from the subconscious to the conscious for the female character, or backtracking in time for other witnesses. Decrauzat takes these images of sunlight shining through trees as a base for his work: contrasts are emphazised, shadings erased in order to obtain a more graphic, abstracted image. These shots reveal some of the artist’s recurrent thoughts, namely his interest in pulsating light. They will not fail, either, to bring to mind the very circumstancies in which Brion Gysin conceived the idea of the Dream Machine. And thus, Decrauzat’s editing or montage creates a pulsating effect that inescapably captures the viewer in its syncopated pusation. (flicker effect)
Dazzlement, the temporary blindness caused by staring too long into the sun, has often been studied as part of visual function and optical phenomena. These images from Rashomon conjure up a conception of perceived vision based on the sun’s observation and lead to the very process of motion picture projection.

In the second locale of the gallery, rue Duchefdelaville, Philippe Decrauzat picks up this score of variations on the the theme of luminous effects (black to white, and white to black) in a series of striped canvasses. Through tint gradations, like the addition layers ranging from black to white, he gives form to a moving visual transition. A monumental sculpture, Man The Square, is presented in the same space. This is a plane leaning at an angle and pierced by a hole, whose motif is drawn from a photo board by Muybridge in which a character, while jumping, grabs the wires that form a grid to measure movement, thus distorting the structure. As he often does, Decrauzat focuses on the boundaries between two and three dimensions. Hence the title, as Man The Square refers to a document by Claude Bragton which also studies the slipping of a volume through a surface.

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