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Michel François    Jan 7 - Feb 5, 2011


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Michel François
7 janvier - 5 février 2011

Paris, le 21 décembre 2010

Cher Michel,

Je suis très heureux que tu m’aies proposé d’écrire ce communiqué de presse pour ta première exposition personnelle à la galerie kamel mennour. A l’heure où j’écris ces lignes, à quelques jours du vernissage, je sens que rien n’est encore tout à fait décidé quant aux oeuvres que tu y montreras, et cela ne m’étonne pas. Je sais, puisque nous avons déjà travaillé ensemble*, que tout peut bouger, se modifier, se déplacer, jusqu’à la dernière minute. Parce que ton travail n’est jamais définitivement figé, mais au contraire constamment mouvant, dynamique, proliférant. Naturellement en recyclage et en reconfiguration permanente. Et c’est précisément ce qui en fait pour moi la force: son caractère organique, biologique, sauvage. En un mot: vivant.
Il sera question de sculpture, évidemment, puisque c’est cette pratique qui détermine l’économie de tout ton travail. Par cela, j’entends, malgré une grande diversité des médiums, une préoccupation liminaire et structurante pour des enjeux d'espace, de matière, de volume et d'équilibre, jouant sur une série de tensions. Légèreté et pesanteur, vide et remplissage, compressions et prolifération, le tout dans un régime de la contradiction permanente, à l’intérieur de chaque oeuvre aussi bien qu’à l’échelle de l’exposition. Et c’est ainsi que tout est paradoxalement lié, je crois, chez toi: par ces dissensions fondamentales. Unité dans le désordre. Désynchronisations chroniques.
Alors, oui, de la sculpture, mais que l’on pourrait qualifier de conceptuelle, ou tout au moins idéelle, dans sa chair matérielle. Sculptures métaphoriques d'un brouillage général des sens et de la raison dans la dépense gratuite, la consommation et l'éparpillement contemporains. Une occasion aussi d’aborder des notions comme la contamination, l’énergie destructive, la transformation, la claustrophobie, l’enfermement, l’ordre et le chaos, l’entropie. Ce qui m’a toujours marqué chez toi, c’est la manière dont chaque forme est irriguée par un réseau de références et de narrations intimes et universelles, mais qui reste volontairement sous-terrain, non discursif, indéterminé. Des motifs récurrents, obsessionnels, issus de voyages, rencontres, lectures, pensées, et autres expériences personnelles. En bref, d’une insatiable curiosité pour le monde. Invisible, mais sensible. Autant d’images hybrides et de forces hétérogènes que tu agrèges et cristallises comme si tu voulais embrasser, avec amour et acharnement, la totalité du monde, avec dans le même mouvement le désir et la violence, la distance et l’émotion, la beauté et la cruauté.
Par exemple? Un squelette transfiguré, «ré-incarné» avec outrance jusqu’à l’abstraction, qui passe de l’organique au sculptural, de la morbidité à la célébration, en devenant support d’une expression libre, sauvage et spontanée, en écho à certaines traditions festives d’Amérique centrale. Ailleurs, cette structure cubique, support d’un enchevêtrement de tiges de métal, comme une toile d’araignée industrielle, improbable rejeton de Spiderman et Ironman. Ses qualités sculpturales jouent sur des tensions, là encore, entre la silhouette radicale et pure de l'ensemble et un motif intérieur fin et complexe, mais aussi dans son caractère à la fois imposant et fragile, puisque tout est tenu par des billes aimantées. Paradoxe entre le hasard et la nécessité, l’ornement et la brutalité, également, dans ces découpes de plasticine colorée explosées sur les parois d’un cube de verre. Bref, je suis persuadé que cette sélection d’oeuvres récentes restera, comme toujours avec toi, à double tranchant. Dans la forme et dans le fond. Et je n’aime rien tant que lorsque l'apparente simplicité de tes pièces, leur caractère a priori minimal, élégant dans son évidence, cachent une complexité formelle, sensible et conceptuelle qui ne cesse d'en percer la surface.

Avec toute mon admiration, et mes voeux de succès, Guillaume Désanges, Commissaire d’exposition et critique d’art

* notamment «Plans d’évasion», exposition monographique au SMAK de Gand en 2009, commissaires: Guillaume Désanges & Philippe Van Cauteren

Né en 1956 à Sint-Truiden en Belgique, Michel François vit et travaille à Bruxelles. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives entre autres à l’IAC de Villeurbanne, au Smak de Gand, au MACBA et à la Fondation Miro de Barcelone, au Centre Pompidou à Paris, au Mamco à Genève, au Gulbenkian Museum de Lisbonne, à la Westfälischer Kunstverein de Münster, à la Kunsthalle de Berne, à la Haus der Kunst de Munich, au Witte De With de Rotterdam, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, au Casino Luxembourg - Forum d’art contemporain au Luxembourg; ainsi qu’au sein de différentes biennales telles la Biennale d’Istanbul, la Documenta IX de Kassel, et la Biennale de Venise.
Michel François exposera au printemps 2011 au Lab-Labanque à Béthune.

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Michel François
January 7 – February 5, 2011

Paris, 21 December 2010 Dear Michel, I am very pleased that you suggested I write the press release for your first solo exhibition at galerie kamel mennour. At the time of writing these lines, with the private view a few days away, I sense that nothing is quite decided yet as to which works you will be showing, and that does not surprise me. I know, since we have already worked together*, that everything can shift, be modified, and moved around, right up until the last minute. For your work is never definitively fixed – on the contrary, it is in constant flux, dynamic, proliferating; being naturally recycled and permanently reconfigured. And this, for me, is precisely where its force lies; its organic, biological, wild character that is, in a word, alive.
It will, of course, consist of sculpture, since that is what determines the arrangement of all your work: by this, I mean – despite a great diversity of media – a primary and formative preoccupation with questions of space, matter, volume and balance, playing on a series of tensions. Lightness and heaviness, void and filling, compressions and proliferation, everything in a register of permanent contradiction, within each work as well as at the exhibition scale. And it is thus, I believe, that everything with you is paradoxically linked: through these fundamental dissensions. Unity in disorder. Chronic desynchronizations.
So, yes, some sculpture, but which could be defined as conceptual, or more or less ideal, in its material substance. Metaphorical sculptures with a general blurring of meanings and reason in gratuitous expenditure, contemporary consumption and dispersal. An opportunity, also, to approach notions such as that of contamination, destructive energy, transformation, claustrophobia, confinement, order and chaos, entropy. What has always struck me with you is the way in which each form is irrigated by a network of references, by intimate and universal narratives, yet it remains deliberately underground, nondiscursive and indeterminate; recurrent, obsessive motifs, the result of travel, meetings, reading, reflections and other personal experiences – in short, of an insatiable curiosity for the world. Invisible, but appreciable. All these hybrid images and heterogeneous forces that you bring together and crystallise, as if you wished to embrace, with love and determination, the whole world, and – in the same movement – desire and violence, distance and emotion, beauty and cruelty.
For example? A transfigured skeleton, “reincarnated” with extravagance to the point of abstraction, which progresses from the organic to the sculptural, from morbidity to celebration, whilst becoming the basis for free, wild and spontaneous expression, echoing certain festive traditions of Central America. Elsewhere, this cubic structure, the basis for a tangle of metal rods, like an industrial spider’s web, the unlikely progeny of Spiderman and Ironman. Here again, its sculptural qualities play on tensions, between the radical and pure silhouette of the whole and a subtle and complex interior motif, but also in its character, both imposing and fragile, since the whole is held together by magnetic ball-bearings. A paradox, also, between randomness and necessity, ornament and brutality, in the moulded coloured plasticine displayed on the sides of a glass cube.
In short, I am convinced that this selection of recent works will remain, as always with you, a double-edged sword, in its form and in its deeper meaning. And I like nothing more than when the apparent simplicity of your pieces – their character at first sight minimal, apparently harmonious – hides a formal, sensitive and conceptual complexity that never ceases to pierce through the surface.

With all my admiration, and my best wishes for your success,
Guillaume Désanges, Exhibition curator and art critic

* In particular « Plans d’évasion », solo exhibition at the SMAK of Ghent in 2009,
curators: Guillaume Désanges & Philippe Van Cauteren

Born in 1956 in Sint-Truiden in Belgium, Michel François lives and works in Brussels. His work has been shown in numerous solo and group exhibitions: at the IAC of Villeurbanne, at the Smak of Ghent, at the MACBA and at the Joan Miro Foundation in Barcelona, at the Centre Pompidou in Paris, at the Mamco of Geneva, at the Gulbenkian Museum of Lisbon, at the Westfälischer Kunstverein in Münster, at the Kunsthalle of Bern, at the Haus der Kunst in Munich, at the Witte De With in Rotterdam, at the Centre for fine Arts in Brussels, at the Casino Luxembourg in Luxembourg; and also in different Biennales such as the Istanbul Biennale, the Documenta IX of Kassel, and the Venice Biennale.
Michel François will exhibit in spring 2011 at the Lab-Labanque in Béthune.

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