Fang Lijun : The New Body of Work by Mr. Fang Lijun 1963

Fang Lijun : The New Body of Work by Mr. Fang Lijun 1963

installation view by fang lijun

Fang Lijun

Installation View

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Invitation

2013.7.12 by fang lijun

Fang Lijun

2013.7.12, 2013

Tuesday, May 13, 2014

37, rue des Bains
Geneva, Switzerland

Fang Lijun
The New Body of Work by Mr. Fang Lijun 1963
Vernissage le 13 mai – 19h00


L’artiste Fang Lijun né en 1963 est connu pour son énergie et son « réalisme cynique » il est actuellement plus créatif que jamais et expose ses travaux partout dans le monde.

Il a notamment déclaré : « Lorsqu’il s’agit d’examiner de quelle façon les individus sont reliés à la société, le meilleur moyen est de considérer le « toucher et le ressentir » (touches and feels) de la vie de tous les jours. Quand vous rassemblez toutes ces expériences personnelles éparpillées, vous avez une vue d’ensemble de ces « toucher et ressentir ». L’image ainsi obtenue diffère énormément de ce qui a été diffusé et enseigné par les voies officielles de la propagande ». Cet avis explique amplement les ambitions qui sous-tendent les projets de Fang, y compris la présente exposition « Fang Lijun 2013 ». En bref, il cherche, au nom de l’individu, à écrire une histoire qui révise et corrige l’Histoire « officielle », une sorte d’histoire qui préserve, à travers toute une variété d’outils visuels, les sentiments et les expériences du quotidien.

Cette exposition met en valeur l’art de Fang Lijun et sa maîtrise de différents médias et met en lumière les sculptures de céramiques créées récemment par Fang Lijun à Jingdezhen. En fait, la céramique n’est pas un nouveau médium pour l’artiste. Dans ce domaine, Fang renoue avec ses racines artistiques ; il a en effet suivi un cursus en poterie et céramique durant sa formation professionnelle entre 1980 et 1983. C’est au Hebai College for the Service Industry, à Tangshan, que Fang s’est spécialisé dans les arts de la céramique. Il y a non seulement acquis les connaissances de base dans les arts de l’esquisse, de la gravure sur bois et de l’aquarelle, mais il s’y est aussi familiarisé avec tout le processus de fabrication de la céramique. Il a pu s’y investir pleinement, tout particulièrement en 1983, lors d’un stage au Ceramics Factory no 3 à Tangshan, où il s’est occupé de chaque étape de la production : l’ébauche (formes, motifs et décorations), le moulage, le coulage de l’argile, le modelage et l’émaillage. Certes, nous savons tous que le parcours artistique de Fang l’a éloigné ensuite de la création céramique ; plus tard en effet il a été admis à la Central Academy of Fine Arts pour étudier la gravure sur bois, et il s’est fait connaitre par ses peintures à l’huile.

Ce n’est pas la nostalgie qui a ramené Fang Lijun à la céramique : son activité défie la façon « correcte » de faire de la céramique, façon fondée sur des millénaires d’expérience et d’excellence artisanale. Habituellement, le séchage représente une étape essentielle dans le processus avant d’enfourner la pièce d’argile modelée, ceci afin de garantir que le produit fini ne puisse se modifier dans sa forme. A Jingdezhen, Fang a sauté cette étape : il roulait de petits carrés de plastic dans l’argile humide, appliquait l’émail, empilait les carrés et ensuite il enfournait directement cette structure de carrés superposés. Le résultat d’une telle manipulation ne peut être qu’une déformation de la pièce. Sous l’effet de la chaleur intense, l’argile humide gonflait, les emballages plastique se dissolvaient, et les pièces de céramique émaillées se fissuraient ou même éclataient. Toute la structure s’effondrait ainsi dans de nombreuses directions et sous des formes imprévisibles.

Nous aimons la céramique pour sa surface lisse, sa perfection formelle et sa fonctionnalité versatile. C’est grâce à une combinaison équilibrée d’argile, d’émail, de chaleur et de savoir-faire que les céramiques atteignent un moment de perfection. Ce moment se fige et devient alors éternité. Fang Lijun, lui, rompt cette perfection, en figeant non pas ce moment dans la réalisation, mais le processus d’effondrement lui-même. L’approche anthropologique de saisir « le toucher et le ressentir » devient ainsi visible couche par couche.

Gary G. Xu

(traduction Rosemary Besson)




Fang Lijun
The New Body of Work by Mr. Fang Lijun 1963
Opening May 13th – 7 PM


Fang Lijun (1963-), the energetic artist known for his "cynical realism," is presently more creative than ever and has been showing his work ail around the world.

This exhibition demonstrates Fang Lijun's mastery of different media. These ceramic sculptures Fang Lijun has recently made them in Jingdezhen. Ceramics actually is not a new medium for Fang Lijun. ln working with ceramics, Fang goes back to his roots as an artist: he was trained in pottery and ceramics during his vocational school days between 1980 and 1983. At the Hebei College for the Service Industry, which was based in Tangshan.

Fang Lijun majored in ceramic arts. He not only learned the basics of art training in sketching, woodcut printing, water-colour painting, but also became acquainted with the entire process of ceramics making. Especially in 1983, when he interned at Ceramics Factory no. 2 of Tangshan, he was involved in every stage in the ceramics making process, from designing (shapes, patterns and decorations), moulding, clay-pouring, sculpting, to glazing. Of course, we ail know that Fang Lijun's career path took him away from ceramics making: he was later admitted by the Central Academy of Fine Arts to study woodcut printing; and he became known for his oil paintings.

It is not nostalgia that brought Fang Lijun back to ceramics: what he did defies the "correct" way of ceramics making built on thousands of years of experience and craftsmanship. Normally, drying before sending the moulded clay into the kiln is an essential step to guarantee that the finished product won't change shape. At Jingdezhen, Fang Lijun skipped this step: he rolled small plastic squares in wet clay, applied glaze, stacked up the squares, and then sent the stacked- up structure directly into a kiln. The result, understandably, is deformity. The wet clay would bulge under intense heat, the plastic wrappers would dissolve, and the glazed ceramics would crack up or even pop open. The entire structure would collapse in unpredictable directions and into unpredictable shapes.

We love ceramics because of its smooth surface, perfection in shapes, and versatile functionality. Through a balanced combination of clay, glaze, heat, and craftsmanship, ceramics reaches a moment of perfection. That moment is congealed and made eternal. Fang Lijun breaks the perfection, freezing not the moment of completion, but the process of collapsing. The "touches and feels" become visible layer by layer.

Gary G. Xu