Almine Rech Gallery

Johan Creten 'Pliny's Sorrow' (Bruxelles / Brussels)

Johan Creten 'Pliny's Sorrow' (Bruxelles / Brussels)

Paris, France Friday, May 20, 2011Saturday, July 23, 2011


Paris, France
Friday, May 20, 2011Saturday, July 23, 2011

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Johan Creten 'Pliny's Sorrow' (Bruxelles)
20 mai - 23 juillet 2011

La Galerie Almine Rech, Bruxelles, est heureuse de présenter une exposition personnelle de sculptures monumentales en bronze de l’artiste belge Johan Creten.

PLINY’S SORROW comprend neuf bronzes énigmatiques, dont huit furent créés spécialement pour l’exposition. Mieux connu pour ses œuvres virtuoses en céramique cuite au four, en particulier pour ses bustes florissants en terre cuite Odore di Femmina, Creten est également un maître de la fonte à la cire perdue, et cette exposition ambitieuse en apporte la preuve à une échelle sans précédent. Seule une pièce, Plantstok (1989-2009), un talisman anthropomorphe et d’aspect primitif en bronze doré, est de dimensions modestes. Cette réplique du plantoir du grand-père de l’artiste est éclipsée par les autres pièces – des oiseaux massifs, d’exquis monstres de cabinets de curiosités, de très hautes colonnes, un banc gigantesque entre deux torses florissants – et pourtant elle mérite également le terme de monumental.

Le titre de l’exposition est emprunté à la plus grande pièce de l’exposition – un oiseau ressemblant à un aigle, aux énormes ailes déployées et brisées, et au dos sculpté grossièrement et creusé. Ce monolithe totémique, à la fois héroïque et mélancolique, illustre indirectement un passage de Pline le Jeune :

Si les portraits des défunts placés dans nos maisons soulagent notre chagrin, que peut-on dire de leurs représentations publiques : elles commémorent non seulement leurs airs et leurs traits, mais également leur gloire et leur honneur !

Les sculptures de Creten ne so nt ni des monuments ni des anti-monuments : le pouvoir commémoratif, réconfortant et triomphal de l’art public sa capacité à nous faire oublier le chagrin, à nous rappeler ce qui a été perdu et à célébrer tout ce qui est glorieux et grandiose, se trouve avec elles à la fois déstabilisé et enrichi. Chaque tour des sculptures soulève des interprétations nouvelles, des significations nouvelles. L’aigle, figure récurrente dans l’œuvre de Creten, résonne d’une dimension symbolique et politique. De face, il est solide et imposant : il se dresse majestueusement sur un socle d’aspect classique à une hauteur de 4,5 mètres, et autant de largeur ; mais vu d’un autre angle, ce n’est plus qu’une masse, une coquille fragile, abstraite et usée.

Le solide et l’éphémère, coulés dans du bronze massif et durable : voilà la réalisation la plus remarquable de Creten.

Cette interaction prend diverses formes. Dans La Mamma Morta< /em>, une énorme colonne torsadée qui relie pratiquement le sol de la galerie au plafond voûté est surmontée d’un torse féminin. La référence à l’opéra de Chénier nous indique une direction, alors que la mort de la patria ou de la Mère Patrie nous en indique une autre. D’autres colonnes supportent d’exquis monstres marins : une peau de méduse presque humaine sur l’une ; un flamboyant calmar se contorsionnant, ses tentacules entrelacées sur l’autre. Un autre piédestal, La Borne, s’élève et se faufile à travers un abrégé de l’histoire du dessin des colonnes gothiques et grecques, avant d’être supplanté par une cheminée noircie du XIXème siècle digne des aciéries les plus sombres et les plus sataniques de William Blake. Une borne sert à marquer les limites d’un territoire, tandis que La Borne est un village de France réputé pour ses céramiques.

Grâce aux formes hybrides de Creten, les significations pub liques et privées se rencontrent et se reflètent, marquant des frontières tant dans l’espace que dans le temps entre le paysage et l’histoire. Ceci s’approche de la façon dont on pourrait décrire l’effet que produit alors que l’on y déambule : on se tourne et soudain, ce qui était hermétique et mystérieux révèle une pléthore de significations, tandis que des références et des registres tirés de l’histoire naturelle et de l’histoire de l’art nous mènent à une représentation étonnamment nouvelle et profondément humaine du sublime.

Né en 1963 à Saint-Trond en Belgique, Johan Creten vit et travaille à Paris. En 2009 il a été nominé pour le Prix flamand de la Culture. Lauréat du Prix de Rome en 1996, il a enseigné aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, et ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées à travers le monde. Une exposition lui a été consacrée au Louvre e n 2005 et au Musée de la Chasse et de la Nature en 2008. Il participera l’été prochain à l’exposition Big Brother : l’artiste face aux tyrans à Dinard, en France.
C’est sa première exposition à la Galerie Almine Rech.

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Johan Creten 'Pliny's Sorrow' (Brussels)
May 20 - July 23, 2011

The Almine Rech Gallery in Brussels is pleased to present a solo exhibition of monumental bronze sculptures by the Belgian artist Johan Creten.

PLINY’S SORROW is comprised of nine enigmatic bronzes, eight of which were specifically created for the exhibition. Creten, best known for virtuosic works in kiln-fired ceramics, particularly his flowering Odore di Femmina busts in terracotta, is also a master of lost-wax foundry casting in bronze, and this ambitious exhibition provides evidence of this on an unprecedented scale. Only one work, Plantstok (1989-2009), an anthropomorphic and primitive looking talisman in gilded bronze, is modestly sized. A replica of the artist’s grandfather’s planting stick, it is dwarfed by the other works — massive birds, exquisite Kunstkammer monsters, towering columns, a giant bench set between two flowering torsos — yet it too merits the term monumental.

The exhibition’s title is borr owed from the largest work in the exhibition — an eagle-like bird, its giant wings stretched out and broken, its roughly hewn back hollowed out. The totemic monolith, at once heroic and melancholic, obliquely illustrates a passage from Pliny the Younger:

If having the pictures of the departed placed in our homes lightens sorrow, how much more those public representations of them which are not only memorials of their air and countenance, but of their glory and honour besides!

Creten’s sculptures are neither monuments nor anti-monuments: the memorializing, restorative and triumphal power of public art, its ability to make us forget sorrow, remember loss and celebrate all that is glorious and grand, is at once destabilized and enriched. With each circling, readings abound, meanings proliferate. The eagle, a familiar figure in Creten’s oeuvre, resonates with symbolic and political charge, and with pathos. Solid and imposing from the front, rising majestically on a classically turned base to a height of four and half meters and equally wide, yet seen from another angle, it is mere bulk, a fragile shell, abstracted and worn out.

The solid and the ephemeral, forged in massive, enduring bronze — this is Creten’s most remarkable achievement.

The interplay takes several forms. In La Mamma Morta, a huge twisted column almost linking the gallery’s floor to its vaulted ceiling is topped with a female torso. The reference to the Chénier opera points us in one direction, the death of patria or Motherland in another. Other columns bear exquisite sea monsters: a human-like medusa skin on one; a writhing, flamboyantly styled squid on another, its tentacles twisted in on each other. Another pedestal, La Borne, rises and twists through a potted history of Gothic and Baroque column design, before being supplanted by a blackened 19th century industrial smoke stack worthy of William’s B lake’s darkest and most satanic mills. In French, a borne is a boundary marker, while La Borne is a village in France known for its ceramics.

Through Creten’s hybridized forms, the meanings, both private and public, collide and shimmer, marking borders not just in space but also in time, between landscape and history. This comes close to describing the overall effect that Pliny’s Sorrow elicits from us as we navigate our way through it: you turn a corner and suddenly, what was hermetic and mysterious, opens onto a uncontrollable effusion of meaning, as references and registers drawn from natural history and art history pull us towards a shockingly new and profoundly human representation of the sublime.

Born in Sint-Truiden, Belgium in 1963, Johan Creten lives and works in Paris. In 2009 he was nominated for the Flemish Culture Prize. A Prix de Rome recipient in 1996, he has taught in the United States, Holland, Belgium and France, and his works are in publ ic and private collections around the world. He exhibited at the Louvre in 2005 and the Musée de la Chasse et de la Nature in 2008. His work will be included in the exhibition Big Brother, l'artiste face aux tyrans in Dinard, France, next summer.
This is his first exhibition at Almine Rech.