Vieira da Silva
At the gallery, October 14th through November 22th
At the FIAC, Grand Palais, October 23 – 26th
Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992) figure incontestablement aujourd’hui parmi les grands noms de la peinture abstraite de l’après-guerre.
Sa toute première exposition a lieu en 1933 à Paris, chez Jeanne Bucher, rue du Cherche-midi. Elle a vingt-cinq ans. C’est le début d’une longue collaboration poursuivie avec Jean-François Jaeger devenu directeur de la galerie en 1947. Dès lors, elle ne cesse d’être cette artiste emblématique qui marque une époque et fait la réputation de ceux qui l’accompagnent, de génération en génération, en laissant derrière elle une œuvre comme un livre ouvert dont on ne finit pas de percer les secrets.
Il nous revient aujourd’hui la charge et la fierté de célébrer le centenaire de sa naissance par un double événement parisien qui, nous l’espérons, fera date dans le concert des expositions actuelles en situant le niveau d’exigence d’un peintre tout entier voué à l’exercice de son art.
Les deux expositions sont conçues de façon complémentaire :
Le prestigieux cadre du Grand Palais reçoit une sélection d’une vingtaine d’œuvres sur toile, la plupart consacrées par des expositions dans les musées du monde entier. Certaines d’entre elles méritent certainement l’appellation de chef d’œuvre. Il s’agit de montrer la puissance et l’énergie créatrice de Vieira da Silva, de situer son œuvre par rapport à son temps et à ses contemporains, dans le contexte d’une foire internationale où les rapprochements et les confrontations sont faciles et nombreux, où les vérités d’un jour ne sont pas celles du lendemain.
Le cadre plus familier de la rue de Seine propose une approche de Vieira da Silva plus intime à travers son œuvre sur papier qui s’organise autour d’une toile fondatrice La scala ou les yeux de 1937 qui occupe la place centrale dans l’exposition. Véritable portrait psychologique de l’artiste, ce théâtre de l’imaginaire constellé d’yeux contient déjà toutes les clefs qui mènent l’artiste à la clairvoyance : « L’âme a deux yeux, disait Silésius, l’un regarde le temps, l’autre est éternité ». Vieira da Silva nous livre le regard d’un troisième œil, organe de la vision intérieure qui se situe à la limite de l’unité et de la multiplicité.
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Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992) is unquestionably one of the greatest abstract artists of the post-war period.
Her first exhibition, in Paris at Jeanne Bucher’s gallery on Rue du Cherche-midi (1933), is held when she is 25 years old. It is the beginning of a long partnership with Jean-François Jaeger, who becomes curator of the gallery in 1947. Since, Vieira da Silva has remained an emblematic artist who marked an era and made the reputation of those who follow in her footsteps generation through generation, leaving behind a body of work like an open book filled with endless secrets to uncover.
Today, we are proud to celebrate the centennial of her birth by hosting a dual event in Paris that we hope will be a milestone in today’s busy calendar of exhibitions and a reflection on the excellence of a painter entirely devoted to her art.
The exhibitions are designed to complement one another:
On display at the prestigious Grand Palais is a selection of about twenty works on canvas, most provided from museum exhibitions around the globe. Some undoubtedly deserve the title of masterpiece. The aim is to show the creative strength and energy of Vieira da Silva; to examine her work in terms of her time and her contemporaries, in the context of an international forum where easy connections and confrontations abound, and where the truths of today are not those of tomorrow.
The less formal setting of Rue de Seine offers a more intimate approach to Vieira da Silva through her works of art on paper, focused around La scala ou les yeux (1937), a founding canvas and the exhibition’s centerpiece. Already in this work – a theatre of the imagination studded with eyes, a true psychological portrait of the artist – are contained all the keys that led the artist to clear-sightedness. “The soul has two eyes,” said Silesius: “one looks at time, the other is turned towards eternity”. Vieira da Silva invites us to look with a third eye – an organ of internal vision set at the edge of unity and multiplicity.
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