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Susumu Shingu: Breathing sculptures    May 12 - Jul 13, 2006

Petit bois
Susumu Shingu
Petit bois
 
Ailes
Susumu Shingu
Ailes, 2006
 
Dessin pour Fleur
Susumu Shingu
Dessin pour Fleur
 
Fleur
Susumu Shingu
Fleur, 2006
 
Gouttes de lumière
Susumu Shingu
Gouttes de lumière, 2006
 
 
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PREMIERE EXPOSITION PERSONNELLE PARISIENNE

SUSUMU SHINGU
Sculptures du Respir

à l’occasion de:

la présentation du spectacle de Jiri Kylian Un coup de dés présenté à l’Opéra Garnier du 12 au 15 mai, une chorégraphie dansée avec une sculpture de Susumu Shingu

la parution de son livre d’illustrations pour enfants Les petits oiseaux aux Editions Gallimard

la sortie de la monographie Shingu aux Editions Cercle d’Art

Exposition du 12 mai au 1er juillet 2006
vernissage le jeudi 11 mai 2006

Contacts Presse :
Véronique Jaeger 06 11 47 48 74
Myriam Gorske
Tél. 01 44 41 69 65 - jeannebucher@wanadoo.fr

Mes œuvres sont des moyens de traduire les messages de la nature en mouvements perceptibles au regard.
Susumu Shingu

La Galerie JEANNE-BUCHER est heureuse de présenter pour la première fois à Paris, du 11 mai au 1er juillet 2006, les Sculptures du Respir ainsi que quelques œuvres sur papier du sculpteur japonais Susumu Shingu. Ce grand artiste, dont la réputation n’est plus à faire au Japon, conçoit des sculptures animées, cinétiques, dont les mouvements sont générés par les flux et les forces constitutifs de la nature comme le vent, l’eau et la gravité. Si ses études sur le mouvement sont basées tout autant sur l’observation très précise du corps humain et de ses fonctions ainsi que celle des éléments présents dans la Nature - notamment la dynamique de l’eau et de l’air - elles font également appel à la technologie moderne. Son travail de sculpteur démontre qu’il est tout à fait possible de conjuguer science et ingénierie avec art et nature, ce qui a été démontré avec brio par quelques artistes de la Renaissance, dont Leonard de Vinci pour n’en citer qu’un ! La pertinence de cette référence est d’ailleurs très présente dans la recherche artistique de Susumu Shingu.
Depuis plus de quarante ans maintenant, Shingu a créé plusieurs centaines de sculptures dans le monde, toutes mobiles, dansantes, virevoltantes, polyphoniques, ludiques, parfois libellules, papillons, cerfs-volants ou encore faisant écho aux prémices de l’aviation ! Son projet le plus important la Caravane du Vent débuté en 2000, constitué de 21 sculptures devenant parties intrinsèques de l’environnement dont elles nous font prendre conscience, a voyagé au sein de six lieux parmi les plus caractéristiques de l’univers : du Japon vers la Nouvelle-Zélande, puis à l’extrême nord de la Finlande, dans le désert marocain, en Mongolie pour finir au Brésil un an plus tard. Ambitieuse, cette aventure cosmogonique a reçu tout l’appui de supporters inconditionnels de l’artiste dont Pierre Restany, Issey Miyake, Frans Krajcberg, Jiri Kylian, Jean-Louis Dumas de la maison Hermès ainsi que Tadao Ando et Renzo Piano avec qui les collaborations ne se comptent plus. Susumu Shingu alterne des périodes contemplatives de réflexion et d’observation avec – à l’extrême opposé – des moments d’intense créativité. C’est dans cette période d’immersion totale au sein de la nature qu’il parvient le mieux à s’accorder avec ce qu’il considère comme les deux rythmes fondamentaux de la vie : celui, puissant et mystérieux, pénétrant et imprévisible, grandiose et inexprimable, de la Nature qui nous entoure et celui qui se meut et qui respire, qui varie selon notre développement intérieur et les stimulations du monde extérieur, qui nous anime au plus profond de notre esprit mais que nous perdons, distraits et stressés par la vie moderne et citadine. Shingu, à travers toute son œuvre, affirme cependant la nécessaire soumission à ces rythmes pour retrouver l’accord de notre moi profond avec la planète et assurer ainsi la pérennité de leur vitalité. A l’heure des grands bouleversements, face à l’imminence de la crise environnementale, alors que notre vision du monde est radicalement transformée par l’informatique et ses interconnexions infinies, il apparaît essentiel de montrer que l’ancien postulat de la science d’un fonctionnement précis et mécanique de l’univers est désormais remplacé par la vision nouvelle d’un cosmos vivant, dont le développement et l’évolution sont en constante interaction et création. Ceci implique que nous évoluions d’une perception centrée sur nous-mêmes en tant qu’individus fondamentalement isolés des autres et de la Nature, à l’intime reconnaissance d’être des acteurs tous liés dans cette dynamique. Notre vraie nature se trouverait non pas dans une expression personnelle hypertrophiant l’ego mais dans la prise de conscience de l’importance des processus globaux et l’accord avec un rythme perpétuellement fluide nous permettant de nous adapter au changement. Quand notre esprit sera capable de s’accorder avec le mouvement de la nature, notre vision en sera élargie et approfondie à l’infini. Nous parviendrons ainsi à la compréhension de vérités universelles et nous connaîtrons même des émotions profondes et des plaisirs spirituels dans nos contacts avec la nature nous dit Shingu.
Les Sculptures du Respir que nous avons choisies de montrer pour notre première exposition personnelle de l’artiste à la galerie nous placent directement face à ce postulat. S’il eût été plus facile de montrer les sculptures mobiles et articulées de Shingu faites pour le grand air, il nous est apparu essentiel de situer la problématique de l’artiste d’emblée et de tenter de faire ressentir les œuvres par elles-mêmes dans un espace clos en situant ainsi l’artiste dans sa démarche la plus personnelle. Cette série d'œuvres extra-légères, intitulée Sculptures du Respir, est adaptée aux espaces intérieurs; répondant aux différents flux d'air entrant et sortant, à la chaleur des lampes et aux mouvements des personnes dans un espace, ces pièces prouvent qu'une quantité significative d'énergie existe également dans les espaces fermés. Le sens d’équilibre et de balance que leurs mouvements dans l’espace provoquent fait écho à notre propre sens de l’harmonie.

Rapide parcours à travers la vie et l’œuvre de Susumu Shingu
Né le 13 juillet 1937 à Osaka, d’une famille de négociants et exportateurs de coton dont il est le cadet des 4 fils, Susumu Shingu s’initie très tôt à la pratique du dessin dans laquelle il dévoile dès son plus jeune âge un réel talent. Sa facilité du dessin, qu’il exerce également par le biais de caricatures, s’accompagne d’une faculté de pouvoir dessiner seize à dix-huit heures par jour. Son entrée à l’Académie des Beaux-Arts de Tokyo est marquée par la mort de son père et celle, un an plus tard, de son frère aîné qu’il adorait. Ces évènements accélèrent son émancipation financière et bientôt, il obtient une bourse d’études du gouvernement italien pour l’Académie des Beaux-Arts de Rome. Amoureux de la Renaissance italienne, il part pour Rome dès l’été 1960, afin d'étudier, entre autres, l'art de la fresque. Au bout de quelques années, l'écrasante perfection des chefs-d'œuvre italiens le fait douter de sa vocation de peintre…et, cherchant à se renouveler, il opte pour une peinture en trois dimensions en enroulant ses toiles sur des cadres en fils de fer. C’est à cette époque, en 1965, qu’une expérience - à priori tout à fait anodine et assez similaire d’esprit à celle de la pomme de Newton – sera déterminante pour la suite de son œuvre; travaillant sur ses peintures tridimensionnelles et désireux de les photographier, Shingu a l’idée de les attacher à la branche d’un arbre. En voyant l’objet bouger dans le vent, il décide de se consacrer à la troisième dimension associée à cette énergie là, l'énergie du vide immatériel, le vent. Cette révélation est suivie à Rome d’une rencontre capitale, qui va constituer un tournant majeur dans la carrière du tout nouveau sculpteur. Travaillant occasionnellement comme guide touristique afin de gagner sa vie, il devient par hasard le guide du Président des chantiers navals d’Osaka. L’industriel, enchanté par la façon dont l’artiste lui fait découvrir Rome, s’intéresse également à son oeuvre et, grand amateur d’art, lui propose de revenir à Osaka. Il lui confirme qu’il met à sa disposition un atelier au sein de son entreprise où il pourra développer ses projets artistiques d’ordre monumental, avec le support matériel et technique et la compétence d’ingénieurs hautement qualifiés. Son départ pour le Japon en 1966, sera précédé d’un geste qui ne manque ni de courage ni de symbolisme: Susumu Shingu brûle, en solitaire et dans le silence, la totalité de son œuvre picturale produite sur 6 ans, sur l’une des sept collines de Rome.

De l’observation aigue de la Nature à la conception
Susumu Shingu, dans sa recherche artistique, inscrit que l’homme ne s’oppose pas à la nature puisque lui-même est nature. Il sait d’instinct que les calculs structurels de la Nature sont absolument sans faille, que « chaque mécanisme organique du corps est précis et efficace et spécialement conçu pour fonctionner dans l’environnement naturel de notre planète ». Ses sculptures reposent tout autant sur l’observation minutieuse du corps humain - la construction d’une ossature formant un squelette nous aidant à tenir debout malgré les lois de l’apesanteur; ses fonctions dans l’espace rendues possible par le biais de tendons et muscles permettant d’étendre et de plier nos membres ; le déploiement des nerfs et des vaisseaux sanguins en réseaux dans notre corps ; la lubrification de nos articulations par des liquides spéciaux - que les principes et les structures du mouvement présent au sein de la Nature : des formes d’ailes de papillons ou d’oiseaux et leurs structures, leur déploiement dans l’espace, la magie de leur repli, la lumière et la grâce qui en émanent. Il sait observer également la fleur et sa tige, comment celle-ci se consolide et s’épaissit en poussant ; comment ces changements extérieurs sont reflétés à l’intérieur, au niveau des racines ; il sait reconnaître la magie des auréoles de lumière provoquées par la goutte de pluie tombant dans l’eau. Il est attentif à l’énergie du mouvement provoquée tout autant par le souffle que par le vent. Il ne cherche pas à ce que la nature soit le modèle de l’art, mais que la nature avec ses lois générant la beauté et constituant nos références esthétiques, puisse nous procurer l’énergie familière de ses différentes humeurs. « …Quand je crée des objets pour les placer dans ce même monde où nous sommes, mes idées sont basées sur la manière dont moi-même je vis dans ce monde… Les œuvres que je crée existent dans le même temps que nous et expriment pour nous les choses que nous ne pouvons plus sentir nous-mêmes – l’existence des énergies invisibles de la terre elle-même. Mes œuvres sont elles-mêmes des existences dépendantes de leur environnement et qui répondent à son influence à travers chaque changement de saison et suivant le passage des mois et des années. »
Ses sculptures se présentent telles des antennes magnétiques ou des récepteurs sensoriels qui captent l'énergie immatérielle incarnée dans le vent, l'eau et la gravité ou dans le souffle à peine perceptible des espaces clos. Leur animation perpétuelle résulte de la conjugaison de plusieurs forces contraires puisque les éléments qui la composent tournent à des vitesses et dans des directions variées tandis que les axes sur lesquels ils pivotent sont eux-mêmes mobiles. Ces mouvements ne se répètent jamais. Les œuvres, en retour, catalysent l'attention sur les forces qui les meuvent et les rendent visibles. En effet, autant que formes, couleurs, matériaux et techniques de fabrication, ces courants et énergie eux-mêmes peuvent être considérés comme la vraie matière de l'artiste. Chacune de ces sculptures rend perceptibles les forces constitutives de cet environnement, auxquels elle répond en devenant, dans son cadre spécifique, une sorte de point de convergence dynamique avec le soin d’une osmose réciproque. Elles entrent en dialogue tout autant avec les mobiles de Calder – mais ce dernier s'intéressait d'abord aux équilibres instables des formes et des couleurs - qu’avec les sculptures chargées d’esprit mais immobiles de Noguchi alors que Shingu cherche à travers le mouvement à montrer les énergies invisibles qui nous meuvent.

De l’écologie à la pointe de la technologie ou la recherche constante du mouvement
Les manifestations du vent dans la nature sont d'intensité variée, de la gentille brise à l'ouragan dévastateur. Afin de s'adapter à cette variété d'énergie, Susumu Shingu s'est tourné vers une technologie d'une infime précision et d'une sensibilité extrême. Lorsque quelque chose de prometteur semble émerger de son travail d'esquisse, Shingu élabore des modèles dans son atelier afin de tester et de peaufiner son concept, vérifier les équilibres de poids et la cohérence de l'aspect visuel, ainsi que les caractéristiques du mouvement. Il réalise ensuite des dessins plus précis, détaillant davantage les formes, évaluant les dimensions des éléments structurels et des roulements à billes sur lesquels ils doivent pivoter. Il travaille ensuite avec les ingénieurs et les constructeurs qui réaliseront la sculpture; chaque pièce requiert une nouvelle approche ou exploite les capacités d'un nouveau matériau. L'ingénieur calculera et confirmera les dimensions des éléments structurels et des paliers; le fabricant vérifiera la viabilité des matériaux envisagés ainsi que le maintien des équilibres de poids et d'inertie lors du passage du modèle à la sculpture. L'une des caractéristiques essentielles des sculptures de Shingu est l'extrême précision, non seulement des calculs techniques de contrepoids et de forces à résoudre, mais aussi de la fabrication: l'emploi de matériaux high-tech – tel l'acier inoxydable, le duralumin, l'aluminium en nid d'abeille, la fibre de carbone et le téflon – qui donnent à l'œuvre la légèreté indispensable qui permettra une osmose totale avec la nature. Ainsi l’analogie avec l’étude approfondie du corps humain que nous avons décrite plus haut :« chaque partie de mon œuvre doit avoir une fonction. Les aîles ou les voiles doivent sentir le vent, les joints doivent pivoter facilement, la base doit supporter le poids de l’ensemble, les contrepoids doivent compenser le poids des parties mobiles afin que toute la composition soit au service du mouvement. Je m’efforce de créer des œuvres qui soient semblables au corps humain, sans parties inutiles. »
Il est essentiel de souligner cependant que l’un des aspects fondamentaux qui font différer les œuvres de Shingu des objets vivants est qu’elles ne gardent pas leur forme par l’effet d’une pression intérieure. Ses œuvres n’ont pas de volume. « Elles ne réagissent pas aux pressions de l’atmosphère et du vent par la résistance, mais par le mouvement. C’est ce dernier qui permet d’échapper à la pression ». Prenons ces œuvres comme une magnifique leçon de vie et rejoignons le grand critique Pierre Restany, selon qui " Susumu Shingu a la capacité de traduire en termes pratiques, essentiels et définis le concept du vide qui souligne notre conscience suprême d'appartenance au monde. Ce vide cosmique, qui correspond non à la vacuité mais à l'absence d'existence absolue, m'a été révélé initialement par le bleu Yves Klein. J'en ai redécouvert les dimensions opérationnelles et pratiques dans l'œuvre de Susumu Shingu. (…) Les formes de Shingu existent grâce au vide. Dans la mesure où l'on perçoit leur dimension immatérielle, nous pouvons alors regarder les formes des sculptures de Shingu apparaître, manifestées par l'interaction directe des phénomènes naturels de l'eau, du vent, de la lumière. J'ai appris par le contact avec Yves Klein et son aventure monochrome que s'il n'y a pas d'esprit pour percevoir le vide, alors il n'y a pas de vide. (…) Shingu m'enchante car il me permet de partager les profonds secrets du vide immatériel, le constat de cette vérité absolue qui est l'absence de toute existence absolue. Avec lui, je revis la plus passionnante des aventures alchimiques: un retour à l'état de la nature dans un Eden technique. Yves Klein invoquait l'architecture de l'air, Shingu invoque la danse du vent. Je me sens à la maison là, dans le cœur du Vide".

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