Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier est sans doute l'un des plus célèbres architectes du XXe siècle. Il naît le 6 octobre 1887 à la Chaux-de-Fonds, en Suisse, s'intéresse à l'architecture dès son adolescence et construit sa première maison en 1905 : la Villa Fallet. Après plusieurs années de voyages, de travail et d'études, il s'installe à Paris et ouvre un atelier d'architecture rue de Sèvres en 1922. Propagandiste de la modernité, urbaniste visionnaire, il milite et oeuvre pour une architecture nouvelle "à l'échelle humaine" dans un contexte où l'homme se retrouve "en harmonie avec les conditions de nature : Soleil, Espace, Verdure". Il conçoit plusieurs projets d'urbanisation et construit divers immeubles publics ou privés avant d'entreprendre ce qui constitue la concrétisation de toutes ses idées sur l'habitat : les unités d'habitations. Il meurt en 1965 et laisse derrière lui une oeuvre considérable qui marquera plusieurs générations d'architectes. Pour reprendre ses mots : « L’architecte, par l’ordonnance des formes, réalise un ordre qui est une pure création de son esprit ; par les formes, il affecte intensivement nos sens, provoquant des émotions plastiques ; par les rapports qu’il crée, il éveille en nous des résonances profondes, il nous donne la mesure d’un ordre qu’on sent en accord avec celui du monde, il détermine des mouvements divers de notre esprit et de notre cœur ; c’est alors que nous ressentons la beauté.
Mondialement reconnu par les critiques d’art, les collectionneurs et les artistes, particulièrement par Picasso et Léger, le peintre, dessinateur et sculpteur qu’est Le Corbusier demeure encore peu connu du public.
Le Corbusier affirme que son évolution en architecture passe par la peinture. « Je pense que si l’on accorde quelque chose à mon œuvre d’architecte, c’est à ce labeur secret qu’il faut en attribuer ». Dès son enfance, Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, découvre et s’approprie le monde en dessinant la réalité. Il dessine sans relâche et prend possession, à travers l’esquisse rapide, de la plénitude de l’univers des formes que la nature lui propose. La peinture est pour Le Corbusier une nécessité vitale qui s’imposera comme le fondement de son activité créatrice. Intermédiaire entre peinture et dessin, à partir des années quarante, Le Corbusier réalise des collages d’une harmonie admirable avec du papier journal et des accents de couleur où s’imposent le rouge, le bleu et le jaune. Le nu féminin est un des thèmes centraux de l’œuvre graphique de Le Corbusier. Durant ses voyages naissent des dessins par séries de femmes nues, amoureuses, couchées et dansantes.
Courtesy Bartha & Senarclens