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Elena Kovylina ou Le Malentendu
Exposition personnelle d’Elena Kovylina à Analix Forever
du 14 novembre 2009 au 14 janvier 2010
Vernissage les 14 et 15 novembre 09 de 11 à 18h
A Moscou, où elle vit, Elena Kovylina n’a pas d’atelier. Son lieu de travail sera donc
l’espace urbain ou l’institution ; son medium la performance. De Check Point Charlie à Berlin à
la Biennale de Sharjah, d’une place de Salzbourg à la Biennale de Cetinie, du MAK de Vienne à
la foire de Miami, Elena Kovylina s’empare de tout espace, tout contexte, pour proposer des
performances radicales qui questionnent les conventions, la norme, le dogme. L’artiste recourt à
un vocabulaire et une posture extrêmes : elle se met souvent physiquement en danger et soumet
ainsi le spectateur au risque d’assister à une issue potentiellement fatale. Ses performances
dérangent et fascinent, provoquant d’un même tenant malaise et désir.
A Genève, l’artiste performer russe a passé l’été 2009 en résidence à la galerie Analix
Forever pour réaliser un projet qu’elle caressait depuis longtemps. L’été tout entier fut une longue
séance de travail pictural. Kovylina renoue ainsi avec l’apprentissage rigoureux d’une peinture de
facture classique, qu’elle a suivi pendant près de douze ans avant d’opter pour un autre moyen
d’expression. Saisissant l’opportunité de cette résidence d’été, elle décide de travailler en atelier
dans l’espace de la galerie et choisit de se réapproprier l’image de ses performances passées en
produisant de nouvelles images, en l’occurrence des toiles. Ces toiles reprennent les captures
d’écran des vidéos qu’elle a montées à partir des films qui sont faits de ses performances. Premier
malentendu : dans ces vidéos, l’artiste n’est pas entièrement maître de ses images, qui passent
nécessairement par le prisme d’un tiers, dont le choix des plans trahit une approche qui malgré
l’important travail de montage ne correspond jamais exactement au projet initial de l’artiste, au
« tableau » de la performance qu’elle avait elle-même en tête avant de la réaliser. Pour dissoudre
cette distance, Elena Kovylina recourt à la peinture. C’est le deuxième malentendu : l’artiste qui
s’affirme performer se fait peintre et produit une série de tableaux. Kovylina peut alors élire la
perspective, le sujet, la lumière, la couleur, les détails sur lesquels focaliser, la matière à
employer, se réappropriant ainsi entièrement, par sa propre subjectivité, le résultat de son travail.
En résulte une série de toiles réalistes, qui retrace le parcours de l’artiste jusqu’à une ultime
performance, réalisée à la galerie Analix Forever le 13 août 2009 : Voulez-vous un café ? ou Feu
le monde bourgeois, dont témoigne la table consumée par le feu installée dans l’exposition, la
vidéo qui en a été réalisée par la suite et la dernière toile de ce cycle qui figure l’acmé de cette
performance. La boucle est bouclée alors que le malentendu, lui, pourrait bien s’avérer durable :
à la fin de l’été, Kovylina estime que la réintégration de la peinture dans sa pratique artistique
sera peut-être seule à même de le dissiper.
Née en 1971, Elena Kovylina vit et travaille à Moscou. Le Malentendu est la première
exposition monographique de l’artiste en Europe occidentale.
Exposition ouverte du 14 novembre 2009 au 14 janvier 2010 du mardi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.
Avec le soutien de VideoSystems, Genève
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Elena Kovylina or The Misunderstanding
Solo show by Elena Kovylina at Analix Forever
from 14 November 2009 to 14 January 2010
Opening 14 and 15 November 09 from 11 am to 6 pm
In Moscow, where she lives, Elena Kovylina has no studio. Her place of work is therefore
urban space or institutions; her medium, performance. From Checkpoint Charlie in Berlin to
the Sharjah Biennial, from a square in Salzburg to the Cetinie Biennial, from the MAK in
Vienna to the art fair in Miami, Elena Kovylina takes over spaces and contexts in order to
present radical performances that question conventions, norms and dogmas. The vocabulary
and position adopted by the artist are extreme. Often, she puts herself in danger physically
and thus subjects spectators to the risk of witnessing a potentially fatal outcome. Her
performances disturb and fascinate, provoking both unease and desire.
In Geneva, this Russian performance artist spent the summer of 2009 in residence at
Galerie Analix Forever in order to carry out a project long close to her heart. The summer was
one long painting session. Kovylina thus returned to the rigorous apprenticeship of a classical
style of painting that had occupied nearly twelve years of her life before she chose another
means of expression. Making the most of this summer residency, she decided to do studio
work in the gallery space and chose to reappropriate the image of her past performances by
producing new images, in this case canvases. These canvases reproduce stills from montages
of the videos she made of her performances. First misunderstanding: in these videos, the artist
is not entirely in control of her images, which are necessarily filtered through the prism of a
third party, whose choice of shots betrays an approach that, for all the subsequent editing,
can never exactly match the artist’s original intentions – the “picture” of the performance that
she had in her head before she made it. In order to dissolve this distance, Elena Kovylina uses
painting. Here is the second misunderstanding: the artist who calls herself a performer
becomes a painter and produces a series of pictures. Here Kovylina can choose her
perspective, subject, light and colour, the details to focus on, and the materials to be used, thus completely reappropriating, by her own subjectivity, the result of her work. The result is
a series of realist canvases retracing the artist’s steps, all the way to the last performance,
given at the Analix Forever gallery on 13 August 2009: Voulez-vous un café ? or Feu le
monde bourgeois, an event now attested by the charred table installed in the exhibition, the
edited video of the performance and the last canvas in this cycle, representing its climax. The
circle thus closes, whereas the misunderstanding could well prove more lasting: at the end of
the summer, Kovylina felt that perhaps the only way of dispelling it might be to once again
make painting part of her artistic practice.
Elena Kovylina was born in 1971 and lives and works in Moscow. Le Malentendu is her first
solo exhibition in Western Europe.
Exhibition from 14 November 2009 to 14 January 2010, Tuesday to Saturday from 2 pm to 7 pm and by appointment.
With the support of VideoSystems, Geneva
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